Créés par le président Charles Hélou et la famille Kazan, les Restaurants du cœur ne sont plus à présenter. Partis d’un premier restaurant à Sin el-Fil mis en place en collaboration avec la municipalité de la localité il y a 20 ans de cela, 27 autres sont aujourd’hui répartis dans toutes les régions libanaises, hormis le Liban-Sud. Et si partout ailleurs les repas sont servis deux ou trois fois par semaine, à Sin el-Fil, c’est tous les jours table ouverte pour 300 invités pris en charge midi et soir. Mais, depuis le début de cette guerre qui n’a pas de nom, depuis que les déplacés ont commencé à affluer, Sin el-Fil sert entre 900 et 950 repas midi et soir. Et les moyens commencent à manquer sérieusement.
C’est que le resto de cette localité assure également 720 sandwiches pour le petit-déjeuner des enfants des déplacés occupant les deux écoles officielles voisines, ainsi que les repas de ceux des écoles de Bourj Hammoud, Dékouané (École technique) et Jisr el-Bacha. Et cela fait beaucoup à la fois. « Je ne sais pas si nous tiendrons le coup longtemps », dit Antoinette Kazan avec son calme légendaire. Une femme toujours présente à l’appel, à l’écoute de chacun, des petits et des grands. Elle a l’œil sur tout et ne quitte pas son tablier de cuisine avant la fin des repas. « C’est qu’en plus de nos invités, il y a non seulement le déjeuner des déplacés, mais aussi les dîners. Il y a ceux qui viennent prendre leur repas sur place, et ceux qui l’emportent chez eux. Il y a aussi les grandes marmites qu’il faut préparer pour que les jeunes bénévoles de World Vision, une association qui nous donne un sérieux coup de main, viennent prendre aux déplacés des autres centre d’accueil » (comprendre Bourj Hammoud, Dékouané et Jisr el-Bacha).
Une vingtaine de bénévoles du quartier sont là. Des jeunes et des moins jeunes, ainsi que la famille et les amis. Certains épluchent des radis qui accompagneront le repas du jour, du riz au poulet. Pour ce repas, par exemple, il a fallu pas moins de 150 poulets. D’autres s’occupent déjà de mettre à l’aise les invités qui attendent d’être servis.
Au Resto du cœur de Sin el-Fil, on assure également les médicaments.
C’est un sacré budget pour Antoinette Kazan qui tient à remercier la droguerie Pharmaline pour la fourniture des médicaments à l’intention des diabétiques et des cardiaques. Mais cette femme toujours confiante commence à s’inquiéter pour la suite.
Les autres restos également accueillent des déplacés et vont certainement avoir des problèmes. Il est vrai que chacun a son comité et ses amis, mais l’Association des amis des Restaurants du cœur répartit les donations qu’elle reçoit en fonction de l’importance des invités dans chaque centre et de la fréquence des repas. « Nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas nourrir les gens. Au moins ça », dit Kazan pensive mais infatigable et qui lance un véritable SOS. « Toute donation est la bienvenue, financière ou autre, peu importe, chacun selon ses moyens, l’essentiel est de tenir. »
Tenir grâce à la solidarité, cheval de bataille de l’association.
M. C.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Créés par le président Charles Hélou et la famille Kazan, les Restaurants du cœur ne sont plus à présenter. Partis d’un premier restaurant à Sin el-Fil mis en place en collaboration avec la municipalité de la localité il y a 20 ans de cela, 27 autres sont aujourd’hui répartis dans toutes les régions libanaises, hormis le Liban-Sud. Et si partout ailleurs les repas sont servis deux ou trois fois par semaine, à Sin el-Fil, c’est tous les jours table ouverte pour 300 invités pris en charge midi et soir. Mais, depuis le début de cette guerre qui n’a pas de nom, depuis que les déplacés ont commencé à affluer, Sin el-Fil sert entre 900 et 950 repas midi et soir. Et les moyens commencent à manquer sérieusement.
C’est que le resto de cette localité assure également 720 sandwiches pour le petit-déjeuner des...