Au milieu de ce chaos dans lequel sombre le Liban depuis dix jours, la hausse vertigineuse des prix vient alourdir le fardeau sur le citoyen libanais.
L’explication commence à aller au-delà de la loi de l’offre et de la demande. L’inflation n’épargne pas les produits de base. Des matelas vendus aux réfugiés à 40 dollars contre moins de dix dollars en temps de paix, un paquet de couches à 30 dollars alors qu’il coûtait en moyenne 13 dollars... C’est prohibitif.
Certes, à offre constante, l’accroissement de la demande entraîne une hausse des prix, à laquelle s’ajoute la difficulté de l’acheminement des produits qui se répercute inévitablement sur le prix. Mais, dans certains cas, cette hausse a pris une dimension injustifiable.
Ainsi, la Direction de protection du consommateur, au sein du ministère de l’Économie, met en garde depuis quelques jours contre les agissements sans scrupule de certains commerçants qui tendent à profiter de la situation. Afin de contrôler toute manipulation injustifiée des prix, la Direction effectue, tous les jours, des tournées d’inspection dans les régions accessibles.
Les commerçants qui haussent les prix de manière injustifiable risquent une amende dans deux cas, explique le responsable de la Direction des consommateurs, Fouad Fleyfel : s’il existe une différence entre le prix affiché du produit et celui exigé à la caisse ; et si la manipulation touche les produits dont les prix sont fixés par l’État, tels que les carburants, le gaz domestique, le pain, les cartes prépayées et le poulet.
Aussi, pour signaler une infraction, le consommateur dispose d’un numéro d’urgence (1739).
« L’amende, qui est évaluée par le tribunal de justice, peut aller de 20 à 30 millions de livres libanaises », a indiqué M. Fleyfel, ajoutant que cinq contraventions ont été dressées hier.
Mais, comme l’a souligné le ministre de l’Économie, Sami Haddad, la marge de manœuvre de la Direction reste limitée pour le moment. L’heure des comptes arrivera plus tard, a-t-il prévenu.
En attendant, il s’agit surtout de bonne foi. La solidarité entre Libanais ne doit pas se cantonner à des discours de bonnes intentions. Ce qu’il nous faut, c’est un peu d’« éthique sur les étiquettes ».
Magali GHOSN
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L’explication commence à aller au-delà de la loi de l’offre et de la demande. L’inflation n’épargne pas les produits de base. Des matelas vendus aux réfugiés à 40 dollars contre moins de dix dollars en temps de paix, un paquet de couches à 30 dollars alors qu’il coûtait en moyenne 13 dollars... C’est prohibitif.
Certes, à offre constante, l’accroissement de la demande entraîne une hausse des prix, à laquelle s’ajoute la difficulté de l’acheminement des produits qui se répercute inévitablement sur le prix. Mais, dans certains cas, cette hausse a pris une dimension injustifiable.
Ainsi, la Direction de protection du consommateur, au sein du ministère de...