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Actualités - Chronologie

REPORTAGE Les Libanais partagés sur le Hezbollah

Débardeur et pantalon corsaire, casquette de base-ball sur la tête, Mariam Saad est loin de l’image de l’islam traditionnel. Née longtemps après l’invasion israélienne du Liban en 1982, elle ne s’identifie pas à la résistance acharnée du Hezbollah. « Ils exposent tout le pays au danger, rien que pour deux soldats et un lopin de terre », déclare-t-elle à propos de l’enlèvement par le parti de Hassan Nasrallah de deux soldats israéliens, à l’origine de l’offensive de l’État hébreu la semaine dernière. « Je ne crois pas que c’était la bonne chose à faire », estime-t-elle. Les avions militaires israéliens qui bombardent le Liban sans répit ont ressuscité le débat sur l’organisation. Israël espère que son offensive, entrée dans sa deuxième semaine, conduira les Libanais à maîtriser le Hezbollah, à le désarmer et à remplacer ses milices dans le sud du pays par l’armée. Cependant, de nombreux Libanais, notamment chiites, restent fermement attachés au mouvement. Le Hezbollah est favorable au renforcement du rôle des chiites dans une société où ils ont historiquement constitué une classe défavorisée. Mariam Saad n’a aucun souvenir de la vie durant ou avant la guerre civile libanaise (1975-1990). Elle fait partie d’une génération qui a connu plutôt la paix que la guerre. Sa mère, Sonia, une blonde multilingue de 42 ans, désapprouve d’un hochement de tête. Elle a été élevée dans le respect du Hezbollah. « C’est la nouvelle génération. Elle ne comprend pas ce que nous avons enduré et comment le Hezbollah a lutté pour nous », se lamente-t-elle en affirmant : « Nous devons appuyer le Hezbollah. » Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, est parfaitement conscient que cette destruction pourrait entamer l’appui dont il bénéficie : « Nous sommes déterminés à faire preuve de sérieux dans la reconstruction de ce qui a été détruit. Nous avons des amis qui sont aussi sérieux et qui ont une grande capacité à nous aider avec de l’argent pur, propre et honorable et sans (poser) aucune condition politique », avait déclaré Nasrallah dimanche dernier. Malgré ces assurances, beaucoup de Libanais blâment le Hezbollah. La majorité de la population non chiite estime que cette milice, appuyée par la Syrie et l’Iran, a perdu une grande partie de sa raison d’être après le retrait israélien du sud du Liban en 2000. Le professeur de sciences politiques à l’AUB, Hilal Khashan, affirme que « les gens commencent à dire ça suffit » et que « la position du Hezbollah s’affaiblit certainement ». Israël estime que la destruction du quartier général du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth montre qu’il est en train de briser la volonté des partisans du Hezbollah. Mais la base solide du Hezb, appuyée par une armée bien entraînée, refuse d’abandonner son parti. Hamza Hallawi quitte en boitant Haret Hreik ; les épaules tombantes et la voix écorchée, il semble secoué par les huit jours d’offensive israélienne. Mais, sa désespérance n’a fait que le rapprocher de Nasrallah. « Je n’ai rien, rien. Pas de maison, pas de souliers, pas de lait pour mes enfants », se plaint-il avant d’ajouter : « J’aime tellement Nasrallah, il est mon seul espoir maintenant. » Dans une école proche, des chiites déplacés partagent ses sentiments. « Je ne blâme pas le Hezbollah », dit Samia Akrouch, 34 ans, qui s’est réfugiée ici avec ses cinq enfants. « Longue vie à Nasrallah. Il nous protège et nous apporte du pain et du soutien », lance-t-elle. Charles LEVINSON (AFP)
Débardeur et pantalon corsaire, casquette de base-ball sur la tête, Mariam Saad est loin de l’image de l’islam traditionnel. Née longtemps après l’invasion israélienne du Liban en 1982, elle ne s’identifie pas à la résistance acharnée du Hezbollah. « Ils exposent tout le pays au danger, rien que pour deux soldats et un lopin de terre », déclare-t-elle à propos de l’enlèvement par le parti de Hassan Nasrallah de deux soldats israéliens, à l’origine de l’offensive de l’État hébreu la semaine dernière. « Je ne crois pas que c’était la bonne chose à faire », estime-t-elle.
Les avions militaires israéliens qui bombardent le Liban sans répit ont ressuscité le débat sur l’organisation. Israël espère que son offensive, entrée dans sa deuxième semaine, conduira les Libanais à maîtriser le...