Alors que l’armée israélienne poursuivait son offensive contre le Liban pour la huitième journée consécutive, visant hier, entre autres, un camion civil stationné tout près du centre-ville dans le quartier d’Achrafieh, la Bourse de Beyrouth est restée fermée jusqu’à nouvel ordre, dans un marché en plein désarroi. Livrée à elle-même, celle-ci avait subi en quelques jours la semaine dernière une perte de 13,98 %, malgré la réduction à partir de vendredi des marges de fluctuation des cours de 15 % à 5 %. Mais cette mesure tardive n’a pas réussi à alléger les pressions exercées sur toutes les valeurs cotées, notamment Solidere. Elle a été suivie dès le début de cette semaine par la suspension des cotations car les principaux acteurs du marché restaient sous le choc, n’osant pas trop bouger pour le moment.
Il est à signaler que les actions de Solidere, dont la cotation a été suspendue à la Bourse du Koweït depuis mercredi dernier et qui avaient achevé la semaine passée à Beyrouth à 17,40 $, ont été négociées hier à Londres à 14,50 $.
Statu quo sur le marché libanais des changes
Sur le marché des changes de Beyrouth, le décor est resté le même hier, avec comme corollaire la persistance d’une demande du dollar en l’absence du moindre intérêt à l’offre en dehors de la Banque du Liban (BDL). Cette dernière, soucieuse de maintenir un certain équilibre entre l’offre et la demande des devises, est restée donc l’unique contrepartie à la vente du dollar aux établissements de crédit au point supérieur de sa fourchette d’intervention maintenu en l’état, comme le bas de cette fourchette, soit entre 1 501 et 1 514 LL. Cela étant, le billet vert continuait à être fixé au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL par la BDL, comme depuis le 9 septembre 1999, tout en se négociant effectivement entre les banques et leurs clients autour de 1 515 LL. Mais il n’en demeure pas moins qu’en raison du manque d’approvisionnement du marché en dollars, les banques s’abstiennent toujours à remettre à leurs clients des montants en numéraire dépassant 1 500 $.
Hausse des Bourses à l’étranger après Bernanke
Les Bourses européennes ont reviré vers le haut hier, après quatre séances consécutives de repli sur fond de craintes liées à la situation explosive au Liban et au Proche-Orient. Une chasse aux bonnes affaires semble expliquer ce mouvement qui a trouvé appui aussi dans la fermeté de Wall Street, après le discours du président de la Fed, Ben Bernanke (voir par ailleurs). En effet, plusieurs investisseurs ont estimé devoir tourner le dos aux risques géopolitiques et rééquilibrer leurs portefeuilles titres, en rachetant les actions des sociétés qui avaient excessivement baissé.
La Bourse de New York a continué sur sa lancée de la veille en clôture, les investisseurs ayant été rassurés par le discours semestriel de Bernanke. Celui-ci qui n’a fait aucun commentaire belliqueux sur l’inflation, ce qui était une inquiétude du marché, s’est montré confiant sur l’évolution de l’économie américaine. En outre, la poursuite de la baisse des prix pétroliers a relégué au second plan la baisse de 5,3 % des mises en chantier de logements et de 4,3 % des permis de construire aux États-Unis en juin ainsi que la hausse de 0,3 % des prix à la consommation, hors énergie et alimentation, pendant la même période.
L’euro monte, une hausse des taux US jugée moins probable
Sur les marchés des changes internationaux, l’euro s’est redressé face au dollar hier après le discours de Bernanke qui a diminué aux yeux des cambistes la probabilité d’un nouveau relèvement des taux d’intérêt américains. Plus tôt dans la matinée, la monnaie unique européenne avait touché un plus bas depuis avril 2006 face au billet vert, à 1,2470 $ après l’annonce d’un déficit cumulé de 15,2 milliards d’euros de la balance des comptes courants de la zone euro au 1er trimestre.
Élie KAHWAGI
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