Les pertes subies par le Liban après six jours de bombardements israéliens seraient nettement supérieures à celles causées par plusieurs mois d’invasion israélienne en 1982, affirme un expert économique, qui souligne qu’en 1982, l’infrastructure du Liban était dans un état de dépérissement, le pays était livré à une guerre interne et le gouvernement n’avait presque rien dépensé pour le maintien ou la réparation de l’infrastructure. Aujourd’hui, les données sont complètement différentes. Des projets de développement de l’infrastructure et d’autres installations d’utilité publique qui n’existaient pas il y a vingt ans ont été implantés dans les différentes régions libanaises. Le coût du chantier de la reconstruction avait été évalué en 1996 à quelque 12,3 milliards de dollars, mais les coûts effectifs se sont avérés plus importants et auraient atteint le double du chiffre avancé.
Dans les bombardements d’aujourd’hui, Israël a visé entre autres le réseau routier, en l’occurrence les ponts, les rues et les autoroutes (même l’autoroute arabe), ainsi que les aéroports et les ports. Ces ouvrages avaient englouti la majeure partie des crédits alloués à la dynamique de reconstruction, soit près de six milliards de dollars (l’aéroport Rafic Hairi a une capacité d’accueil de 6 millions de passagers).
Le ministre des Finances, Jihad Azour, a fait état de pertes de 500 millions de dollars par jour en tenant compte des paramètres de revenus au quotidien de l’État, de la direction des douanes, et des mouvements des ports et des aéroports.
Une source économique officieuse a fait état de pertes, en cinq jours, de près de 2,5 milliards de dollars en calculant les dégâts causés à une cinquantaine de ponts, de centaines de kilomètres de réseaux routiers, de canaux d’adduction d’eau et de la mise hors d’usage de quelque 5 000 unités de logement.
Selon une source indépendante, les dégâts occasionnés au seul réservoir de dérivés pétroliers de Jiyeh se chiffreraient à 35 millions de dollars. Pour les réseaux de téléphonie fixe et mobile, les dommages s’élèveraient à près de 4 millions de dollars, selon un diagnostic préliminaire du directeur général d’Ogero, Abdel Menhem Youssef. Et l’inventaire des dégâts matériels ne saurait être clos avec les chiffres précités.
L’amertume est d’autant plus grande que les indicateurs économiques à la veille du déclenchement des hostilités étaient on ne peut plus satisfaisants.
La balance des paiements avait enregistré au cours des six premiers mois de 2006 un excédent de 1,7 milliard de dollars, alors que le nombre de touristes jusqu’à fin juin avait totalisé 40 % de plus pour la même période de 2005 et 20 % de plus qu’en 2004. Les réserves en devises de la Banque centrale atteignaient un record historique de plus de 13 milliards de dollars. Les économistes faisaient état d’un taux de croissance, pour la première moitié de l’année en cours, de 4 %. La croissance aurait été dopée surtout par les investissements à long terme entrepris dans le secteur de la construction. Pour le premier trimestre de 2004, les permis de construction délivrés étaient en hausse de 90 % par rapport aux trois premiers mois de 2005. C’est tout dire.
Liliane MOKBEL
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les pertes subies par le Liban après six jours de bombardements israéliens seraient nettement supérieures à celles causées par plusieurs mois d’invasion israélienne en 1982, affirme un expert économique, qui souligne qu’en 1982, l’infrastructure du Liban était dans un état de dépérissement, le pays était livré à une guerre interne et le gouvernement n’avait presque rien dépensé pour le maintien ou la réparation de l’infrastructure. Aujourd’hui, les données sont complètement différentes. Des projets de développement de l’infrastructure et d’autres installations d’utilité publique qui n’existaient pas il y a vingt ans ont été implantés dans les différentes régions libanaises. Le coût du chantier de la reconstruction avait été évalué en 1996 à quelque 12,3 milliards de dollars, mais les...