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Actualités - Opinion

Changes et Bourses Suspension des cotations à la Bourse de Beyrouth

Pour ne pas céder à la panique, la Bourse de Beyrouth a décidé tout court la suspension de ses cotations hier en raison des bombardements qui ont visé la région du port de Beyrouth, proche du centre-ville où est situé son siège. Plusieurs représentants de banques et d’institutions financières, qui opèrent en Bourse comme intermédiaires, ont été dans l’impossibilité de rejoindre leurs postes pour des considérations sécuritaires, indique-t-on dans les salles de marché. L’aviation israélienne avait lancé tôt dans la matinée d’hier des raids sur une station de camions dans l’enceinte du port de Beyrouth, tuant deux civils, ce qui a paniqué la communauté financière libanaise. Le comité directeur de la Bourse de Beyrouth avait déjà décidé, tard dans la soirée de jeudi dernier, de réduire les écarts autorisés à la hausse et à la baisse des actions qui y sont cotées, de 15 % à 5 % quotidiennement. Cette mesure, destinée à atténuer l’orientation baissière d’un marché victime des violences meurtrières et dévastatrices d’Israël depuis mercredi dernier, en riposte à la capture par le Hezbollah de deux de ses soldats, a donc servi de réduire la chute des actions de Solidere de 15 %, jeudi, à 5 %, vendredi. Mais l’absence du moindre signe d’une pause dans le conflit avec Israël qui frappe de plein fouet le Liban semble, entre autres, expliquer cette décision de suspendre les cotations sur le marché libanais des valeurs mobilières pour l’épargner d’une nouvelle et forte dégringolade de la cote. Cela d’autant qu’à la fin de la semaine dernière l’indice BLOM des valeurs libanaises, principal baromètre de la tendance boursière, avait abandonné 13,98 % à 1 283,16 points contre 1 491,73 points à la fin de la semaine qui l’a précédée. Pourtant, le secteur bancaire a continué de fonctionner normalement, quoique au ralenti, en raison d’un fort taux d’absentéisme des employés dans plusieurs branches. Certaines de celles-ci ont connu quelques problèmes de liquidités en rapport avec la dégradation de l’état de sécurité dans les régions où elles se trouvent. Mais d’une manière générale, la demande de devises étrangères n’a pas dépassé les limites auxquelles on pouvait s’attendre. La forte « dollarisation » des dépôts bancaires (73 % environ) semble expliquer ce phénomène. De plus, la poursuite des interventions de la Banque du Liban (BDL), qui s’est déclarée toujours prête à subvenir aux besoins des établissements de crédit en dollar au haut de sa fourchette d’intervention, maintenue à 1 514 LL, comme le bas de cette fourchette à 1 501 LL à l’achat de cette monnaie, a largement contribué à la stabilité des taux de change sur le marché interbancaire. Les Bourses et le dollar sous le signe du regain de violence au Liban et en Israël Les Bourses européennes ont de nouveau reculé hier pour la troisième journée consécutive. Elles ont été pénalisées par la situation toujours préoccupante entre le Liban et Israël. Au vu des incertitudes géopolitiques, il n’y a pas d’acteurs qui veulent investir en ce moment, comme déjà depuis mercredi dernier après les raids israéliens meurtriers touchant tout le territoire libanais et risquant de s’étendre dans d’autres pays de la région. Pour ce qui est de la Bourse de New York, elle a, en revanche, évolué en hausse après sa forte baisse de la semaine dernière. Et malgré la situation au Liban qui continuait de peser sur la tendance, certains opérateurs ont estimé hier devoir procéder à une chasse aux bonnes affaires, surtout après l’annonce d’une augmentation de 0,8 % de la production industrielle aux États-Unis en juin par rapport à mai, soit à un rythme dépassant largement les attentes des analystes. Sur les marchés des changes, le dollar est remonté nettement face à l’euro hier, dans la continuité de sa tendance des derniers jours, montrant qu’il garde son rôle de monnaie refuge face aux tensions internationales. Élie KAHWAGI
Pour ne pas céder à la panique, la Bourse de Beyrouth a décidé tout court la suspension de ses cotations hier en raison des bombardements qui ont visé la région du port de Beyrouth, proche du centre-ville où est situé son siège. Plusieurs représentants de banques et d’institutions financières, qui opèrent en Bourse comme intermédiaires, ont été dans l’impossibilité de rejoindre leurs postes pour des considérations sécuritaires, indique-t-on dans les salles de marché. L’aviation israélienne avait lancé tôt dans la matinée d’hier des raids sur une station de camions dans l’enceinte du port de Beyrouth, tuant deux civils, ce qui a paniqué la communauté financière libanaise.
Le comité directeur de la Bourse de Beyrouth avait déjà décidé, tard dans la soirée de jeudi dernier, de réduire les écarts...