C’est d’un long et pénible voyage, un voyage au bout de la nuit, qu’est rentrée radieuse, rayonnante, hier, notre consœur May Chidiac. Il y a dix mois, la mort l’avait plus que frôlée de son aile. À la journaliste vedette de la LBC, la terreur criminelle a cruellement arraché deux de ses membres ; mais elle n’a pu faucher l’essentiel, à savoir le feu intérieur, la volonté de continuer. En faisant mieux encore.
Dans les hôpitaux de Beyrouth puis de Paris, May Chidiac a dû faire le dur réapprentissage de la vie tout court. La douleur, autant morale que physique, a longtemps été sa lancinante, son envahissante compagne. Une femme d’une telle trempe ne pouvait que finir, cependant, par relever la tête. Et faire, de son bras valide, un pied de nez à ceux qui ont voulu la supprimer, comme ils l’ont fait de tant d’autres.
Le retour au pays de May Chidiac revêt valeur d’évènement : un évènement heureux, et pas seulement parce qu’un accueil de reine lui a été réservé à l’aéroport par une foule de personnalités. C’est dans chaque chaumière libanaise en réalité, et toutes tendances politiques confondues, que sera saluée et célébrée, devant le poste familial de télé, la réapparition d’un visage et d’une voix familiers, qui font pratiquement partie de la famille. Car bien que journaliste engagée (et pourquoi pas ?), May évoque irrésistiblement ce Liban attaqué, blessé par l’acier, brûlé par les flammes de l’enfer et qui renaît toujours de ses cendres. Elle parle pour tous les Libanais, quand elle se lamente sur les occasions historiques ratées ; et elle ranime les espérances vacillantes, elle fait honte à ceux qui sont tentés de baisser les bras quand, à peine posé le pied sur le sol natal, elle confie sa hâte de se remettre à l’ouvrage.
Plus spécifiquement, May Chidiac est l’incarnation vivante, Dieu merci, de cette presse libanaise qui fait tant de chagrins et de jaloux autour de nous, et sur laquelle se sont acharnées les forces du mal. Meurtrie et néanmoins superbe, pleurant les chers martyrs mais résolue à aller courageusement de l’avant, May a tout dit. Et elle l’a dit, malgré tout, en rose.
Issa GORAIEB
C’est d’un long et pénible voyage, un voyage au bout de la nuit, qu’est rentrée radieuse, rayonnante, hier, notre consœur May Chidiac. Il y a dix mois, la mort l’avait plus que frôlée de son aile. À la journaliste vedette de la LBC, la terreur criminelle a cruellement arraché deux de ses membres ; mais elle n’a pu faucher l’essentiel, à savoir le feu intérieur, la volonté de continuer. En faisant mieux encore.
Dans les hôpitaux de Beyrouth puis de Paris, May Chidiac a dû faire le dur réapprentissage de la vie tout court. La douleur, autant morale que physique, a longtemps été sa lancinante, son envahissante compagne. Une femme d’une telle trempe ne pouvait que finir, cependant, par relever la tête. Et faire, de son bras valide, un pied de nez à ceux qui ont voulu la supprimer, comme ils l’ont fait de...
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