La semaine écoulée a été éprouvante, j’en conviens. Les seuils de tolérance ont été pulvérisés, j’en suis parfaitement conscient. De bouffonneries lamentables à des pantalonnades pitoyables, les discoureurs de kermesse se sont fourvoyés dans des couloirs nauséabonds jamais empruntés auparavant.
Perdre le nord à ce point, c’est perdre tout crédit, se disqualifier à tout jamais. Rideau, donc, sur ces turpitudes d’un autre âge, sur ces personnages grotesques, acteurs d’une pièce burlesque produite et mise en scène par des cerveaux malades.
Au rancart les misères politiciennes en ces tristes lendemains de déviances : je ne vous entretiendrai donc pas des experts en langues qui fourchent, des spécialistes du langage qui persifle, des larmes de crocodile de « pleureurs » aux mille vestes retournées.
Je vous ferai grâce de mes réflexions sur le temps qui court, sur les occasions manquées, la lente agonie d’un sursaut magnifique détourné de sa trajectoire.
Je ne vous dirai rien des voyous, des scélérats qui pataugent dans la fange confessionnelle et posent les jalons de cassures irréparables.
Aujourd’hui, c’est de vous, lecteurs, proches et lointains, que je parlerai, de vos angoisses, incertitudes et interrogations. De la prise d’otages dont est victime l’opinion publique,phagocytée, séquestrée, réduite au silence par ceux-là mêmes qui s’en disent les défenseurs, les champions.
Le Liban se déchire, est supplicié, est livré, pieds et mains liés, aux vautours, et c’est la même antienne qui lui est toujours servie, une cuisine frelatée agrémentée d’injures et de grossièretés, une insulte pure et simple à l’intelligence.
C’est dans ce climat malsain que L’Orient-Le Jour poursuit sa quête inlassable de l’information vraie, véhiculant l’opinion des uns et des autres, répercutant les humeurs chagrines, les humeurs franchement méchantes des hommes qui nous gouvernent, des trublions qui veulent gouverner à leur place…
Les analyses, les éclairages essayent d’en disséquer les raisons, d’en tirer les conclusions, avec, en arrière-plan, une même ligne directrice : indépendance et liberté d’expression, mais aussi et surtout défense inconditionnelle de la souveraineté et de l’État de droit. Une résistance quotidienne à la langue de bois, aux logorrhées qui assaillent les salles de rédaction, s’infiltrent à travers les médias audiovisuels et « soporifient » l’opinion.
Mais cette résistance, c’est vous lecteurs qui en êtes le moteur, c’est à vous que revient la responsabilité de l’entretenir, de la soutenir. Comment ? En fidélisant votre attachement à ce journal, en y exprimant vos opinions aussi bien dans la page « Courrier » que sur le Web.
Ne vous laissez pas abattre par la morosité ambiante, ne vous laissez pas intoxiquer par le venin distillé au fil des jours par les préposés à la pensée unique.
Que votre ras-le-bol explose, qu’il se fasse entendre noir sur blanc. Aujourd’hui, demain ou la semaine prochaine, brisez le carcan du silence, faites comprendre aux bonzes sclérosés de la politique que vous avez votre mot à dire et qu’il doit être entendu.
Ce quotidien est aussi le vôtre, faites-en une tribune régulière, permanente, l’ami fidèle de tous les matins.
Du racolage ? Bien sûr que non ! Le journal se porte fort bien, Dieu merci. Mais la résistance commence au stade citoyen, celui du lecteur. Et pour nous journalistes, l’ambition naturelle, le désir suprême est de faire participer le plus grand nombre à la plus belle des aventures : la défense de la liberté d’expression, de la liberté tout court.
Pour L’Orient-Le Jour, c’est là l’essence même de son existence, de sa pérennité.
Nagib AOUN
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La semaine écoulée a été éprouvante, j’en conviens. Les seuils de tolérance ont été pulvérisés, j’en suis parfaitement conscient. De bouffonneries lamentables à des pantalonnades pitoyables, les discoureurs de kermesse se sont fourvoyés dans des couloirs nauséabonds jamais empruntés auparavant.
Perdre le nord à ce point, c’est perdre tout crédit, se disqualifier à tout jamais. Rideau, donc, sur ces turpitudes d’un autre âge, sur ces personnages grotesques, acteurs d’une pièce burlesque produite et mise en scène par des cerveaux malades.
Au rancart les misères politiciennes en ces tristes lendemains de déviances : je ne vous entretiendrai donc pas des experts en langues qui fourchent, des spécialistes du langage qui persifle, des larmes de crocodile de « pleureurs » aux mille vestes retournées.
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