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INDE La suspension des privatisations montre la difficulté à réformer

La décision du gouvernement indien de geler son programme de privatisations donne de mauvais signaux sur la poursuite des réformes économiques en Inde et illustre la difficulté du Premier ministre Manmohan Singh à libéraliser l’économie, estimaient hier des analystes. Deux semaines seulement après que le gouvernement de centre gauche eut annoncé son intention de remettre à l’ordre du jour les privatisations, M. Singh a annoncé jeudi la suspension du programme en raison « des protestations officielles de certains membres et alliés » de la coalition. Cette volte-face fait suite à la menace d’un partenaire crucial de la coalition de se retirer du gouvernement, et des communistes, alliés-clés du cabinet au Parlement, de lancer une grève d’une semaine. « Il n’y a pas de vision unifiée au sein du gouvernement sur les réformes économiques », en conclut l’analyste politique Mahesh Rangarajan. Selon les économistes, ces privatisations visaient à financer des programmes sociaux, ne constituaient pas un élément fondamental du programme de réforme, et leur suspension ne devrait pas avoir d’effets sur la croissance de l’année fiscale en cours estimée à environ 8 %. Mais dans le même temps, cette annonce n’augure rien de bon pour les autres mesures de libéralisation, comme la levée des obstacles aux investissements étrangers ou la refonte du droit du travail visant à faciliter embauches et renvois, selon ces experts. Or ces mesures sont vitales pour l’Inde si elle veut atteindre une croissance de 10 à 12 % nécessaire pour combattre la pauvreté dans ce pays de plus d’un milliard d’habitants, dont environ 40 millions vivent avec moins d’un dollar par jour. Selon le quotidien Business Standard, la situation est telle aujourd’hui que M. Singh, pourtant connu comme l’architecte des réformes libérales lancées il y a 15 ans en Inde lorsqu’il était ministre des Finances, devrait se demander s’il reste à son poste. « Les forces politiques qui se sont alliées sous la bannière (de la coalition) et ceux qui la soutiennent à l’extérieur, comme les communistes, n’ont aucune confiance dans les réformes économiques que Manmohan Singh entend mener », dit-il dans un éditorial. « Donc il est temps qu’il se pose la question difficile : “Pourquoi suis-je ici ?” », poursuit l’éditorial. Pour rester au pouvoir, le Parti du Congrès de M. Singh a besoin du soutien de 15 autres partis, dont beaucoup ont des priorités divergentes. Le parti régional DMK a menacé de quitter la coalition si le gouvernement maintenait son projet de vendre 10 % des parts de l’usine de lignite Neyveli Lignite basée dans son État du Tamil Nadu (Sud). Sans le DMK, le gouvernement de M. Singh aurait pu tomber. Le gouvernement, arrivé au pouvoir avec un programme social, était largement revenu sur les projets de privatisation du gouvernement précédent dirigé par le parti nationaliste hindou du Bharatiya Janata Party (BJP). Mais cette année, il avait identifié 10 à 15 compagnies publiques bénéficiaires potentiellement privatisables. « Si l’on regarde les chiffres du budget, ils comptaient sur environ 38 milliards de roupies (825 millions de dollars) de recettes, ce qui est un petit montant comparé au BJP qui visait les 170 milliards de roupies pour l’année fiscale 2003-2004 », souligne Bidisha Ganguly, économiste à BRICS Securities. La décision de M. Singh vient à un mauvais moment pour les marchés financiers alors que les investisseurs étrangers sont devenus « peu disposés à prendre des risques », inquiets qu’ils sont d’une hausse des taux d’intérêt et de la flambée des prix du pétrole. Hier, la Bourse de Bombay a plongé sur la base de ces incertitudes politiques et de l’inquiétude sur la suite des réformes, l’indice Sensex perdant 2,4 % à la clôture à 258,44 points.

La décision du gouvernement indien de geler son programme de privatisations donne de mauvais signaux sur la poursuite des réformes économiques en Inde et illustre la difficulté du Premier ministre Manmohan Singh à libéraliser l’économie, estimaient hier des analystes.
Deux semaines seulement après que le gouvernement de centre gauche eut annoncé son intention de remettre à l’ordre du jour les privatisations, M. Singh a annoncé jeudi la suspension du programme en raison « des protestations officielles de certains membres et alliés » de la coalition.
Cette volte-face fait suite à la menace d’un partenaire crucial de la coalition de se retirer du gouvernement, et des communistes, alliés-clés du cabinet au Parlement, de lancer une grève d’une semaine.
« Il n’y a pas de vision unifiée au sein du gouvernement...