Le Festival d’Avignon, dont la première édition début septembre 1947 s’appelait «Une semaine d’art en Avignon», est né un peu comme un conte de fées, dans le sillage de la décentralisation dramatique amorcée au secrétariat d’État aux Beaux-Arts par Jeanne Laurent.
Une décentralisation dramatique dont 60 ans d’action seront célébrés officiellement par le ministère de la Culture le 17 juillet, dans le cadre du 60e Festival d’Avignon.
Le programme 1947 proclamait déjà les intentions du fondateur, le comédien et metteur en scène Jean Vilar, marqué par le théâtre citoyen de Jacques Copeau, qui fait éclater la scène à l’italienne et retrouve un sens de la démesure et de la communion dramatique loin des théâtres parisiens.
Étaient proposés un Shakespeare alors inconnu, Richard II, deux créations de dramaturges vivants, Paul Claudel et Maurice Clavel, des concerts de musique ancienne et une exposition de peintures et de sculptures contemporaines.
Cette première édition est née sous les signes de l’amitié (celle d’un poète, le provençal René Char, qui dirigea Vilar sur Avignon et son Palais des papes), de la débrouillardise, de la solidarité et de l’enthousiasme, avec le soutien du maire communiste de l’époque.
La Semaine d’art fut un succès public, mais un échec financier car il y avait trop d’invitations. Cependant l’osmose entre la majestueuse cour d’honneur du Palais des papes, la mise en scène dépouillée de Richard II, les costumes éclatants de Léon Gischia, les voix clairement audibles est telle que le festival d’art dramatique prend son élan l’année suivante.
La manifestation avignonnaise devient rapidement le symbole du renouveau théâtral dont elle tente toujours de témoigner dans un contexte social différent. Au fil des ans, de nouvelles disciplines ont été introduites: les rencontres-débats en 1954, la poésie et les rencontres de jeunes en 1955, les lectures en 1956, la danse en 1966, le cinéma en 1967, le jazz en 1968, le théâtre musical et l’orgue en 1969, le théâtre du geste et la musique sacrée en 1971, l’année de la mort de Vilar. En 1966 est né aussi le festival Off. Les lieux de représentations se multiplient dans et hors des murs de l’ancienne capitale des papes.
Son fidèle lieutenant Paul Puaux poursuit son œuvre de 1971 à 1979. Ses successeurs furent Bernard Faivre d’Arcier à deux reprises, Alain Crombecque (1985-1992) et l’actuelle direction bicéphale depuis 2004, composée de Vincent Baudriller et Hortense Archambault.
Yves BOURGADE (AFP)
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Une décentralisation dramatique dont 60 ans d’action seront célébrés officiellement par le ministère de la Culture le 17 juillet, dans le cadre du 60e Festival d’Avignon.
Le programme 1947 proclamait déjà les intentions du fondateur, le comédien et metteur en scène Jean Vilar, marqué par le théâtre citoyen de Jacques Copeau, qui fait éclater la scène à l’italienne et retrouve un sens de la démesure et de la communion dramatique loin des théâtres parisiens.
Étaient proposés un Shakespeare alors inconnu, Richard II, deux créations...