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Actualités - Opinion

« Défendre le Liban » ?

Devant un problème ou une situation grave, le maréchal Foch avait l’habitude de commencer par poser cette question fondamentale : « De quoi s’agit-il ? » Nous suggérons à nos représentants, qui dialoguent depuis des mois, de commencer par là, à l’instar du grand vainqueur de 1918. Mais l’étalage sur table d’idées claires pourrait-il plaire à ces messieurs du monde politique ? Commençons par l’exemple du Courant patriotique libre avec le Hezbollah lesquels, le 6 février, ont annoncé leur accord synallagmatique (camouflé sous le terme inventé de « tafahom », qui n’existe dans aucun dictionnaire de droit public ou privé): dans l’article 10 de cet accord, qui en est la « substantifique moelle », ils semblent rivaliser de zèle, chacun avec l’autre, pour « défendre le Liban ». C’est très beau à dire. Mais en quoi cela consiste-t-il, « défendre le Liban » ? Est-ce par les armes ou par les organisations militaires ou paramilitaires (comme le défilé sensationnel des combattants du Hezbollah par milliers, la « journée du Qods ») ? Ou bien serait-ce par une guérilla dont le territoire libanais serait « le sanctuaire » ? Rappelons ici les données de base, les vérités élémentaires (le « de quoi s’agit-il » de Foch) : Le Liban étant un État de droit, membre de l’Organisation des Nations unies (fondateur de surcroît), puise sa force et sa défense dans sa reconnaissance internationale. Sinon, un voisin surpuissant et vorace, passant outre à tous les « tafahom » et à tous les « articles dix »..., pourrait n’en faire qu’une bouchée ! Cela a été démontré dans la pratique : le 14 mars 1978, l’armée israélienne a pénétré au Liban et est arrivée sans coup férir jusqu’au Litani. Sur ordre de l’ONU, elle a dû s’arrêter illico. Le Liban a porté plainte devant le Conseil de sécurité. En quatre jours, soit le 18 mars 1978 – chose mémorable ! – il a obtenu l’émission de la fameuse résolution 425 que tout le monde connaît (il faut rappeler que nous avions alors un Ghassan Tuéni comme représentant, ce qui n’est pas peu dire). Après ces précisions, il semble que les discussions du dialogue devraient se dérouler dans le calme et la sérénité, dans une atmosphère où les interlocuteurs doivent être tranquilles qu’aucune arrière-pensée, aucun dessein louche, ne se cache derrière leur supposée bonne foi. Alors, le dialogue pourra se dérouler dans les conditions souhaitées. À propos de dialogue : Une règle élémentaire veut que les protagonistes qui se font face arrêtent de se lancer dans la presse des invectives à caractère parfois outrageux. Or, nous voyons l’un d’eux continuer à exercer sa verve polémiste sur ses interlocuteurs. Il n’y a pas longtemps, il a traité les membres de la majorité d’«usurpateurs du pouvoir ». Maintenant, il leur attribue la plus grande bassesse : « Passer d’une capitale étrangère à une autre à la recherche d’un nouveau maître. Nous sommes passés d’un seul Damas à vingt ou trente autres » (L’Orient-Le Jour 26/6/06). Autrement dit, pour le chef du CLP, ceux qui sont au pouvoir sont à la recherche d’un autre maître et parcourent pour cela les capitales étrangères. Vraiment, le comble est dépassé. Le dialogue est devenu un combat de gladiateurs. Albert SARA

Devant un problème ou une situation grave, le maréchal Foch avait l’habitude de commencer par poser cette question fondamentale : « De quoi s’agit-il ? » Nous suggérons à nos représentants, qui dialoguent depuis des mois, de commencer par là, à l’instar du grand vainqueur de 1918. Mais l’étalage sur table d’idées claires pourrait-il plaire à ces messieurs du monde politique ?
Commençons par l’exemple du Courant patriotique libre avec le Hezbollah lesquels, le 6 février, ont annoncé leur accord synallagmatique (camouflé sous le terme inventé de « tafahom », qui n’existe dans aucun dictionnaire de droit public ou privé): dans l’article 10 de cet accord, qui en est la « substantifique moelle », ils semblent rivaliser de zèle, chacun avec l’autre, pour « défendre le Liban ». C’est très beau...