La Bourse de Beyrouth a continué de battre en retraite hier, l’ensemble des courtiers soulignant la nervosité du marché dans l’attente des résultats de la neuvième réunion du dialogue national qui a débuté ses travaux juste à la clôture de la cote. Cela d’autant que la reprise de cette conférence, entamée début mars pour tenter de résoudre la crise politique intérieure, intervient alors que les tensions sont à leur comble dans le pays et dans la région. Cette conférence, qui avait buté à deux reprises sur la question du désarmement du Hezbollah, a ainsi entretenu un climat de prudence et d’expectative sur le marché, empêchant les opérateurs à prendre des initiatives vis-à-vis des actions libanaises dont la baisse est davantage liée à des facteurs psychologiques qu’à des fondamentaux aussi bien macroéconomiques que microéconomiques, indique-t-on dans les salles de marché.
Dans ce contexte, les actions A et B de Solidere ont reperdu encore du terrain, retombant de 22,29 $ à 22,13 $ et de 22,29 $ à 22,27 $ respectivement.
Les valeurs bancaires ont été majoritairement orientées vers le bas à l’exception des certificats GDR de la BLOM Bank qui ont légèrement avancé de 73 $ à 73,10 $. C’est ainsi que les actions ordinaires de la Byblos Bank ont reculé de 2,18 $ à 2,17 $ ainsi que les certificats GDR de la Bank Audi de 67 $ à 66,85 $, les actions prioritaires de la Byblos Bank et celles de la BLC Bank s’étant maintenues à 2,24 $ et à 11 $ respectivement.
En effet, l’indice BLOM des valeurs libanaises a reperdu 4,26 points ou 0,28 % à 1 515,22 points, dans des échanges relativement plus nourris que ces derniers jours. On a relevé ainsi la négociation de 651 170 titres d’une valeur de 3 373 909 $, dont 66 566 actions A et B de Solidere d’une valeur de 1 470 774 $, contre 103 840 titres d’une valeur de 1 077 464 $, dont 40 757 actions A et B de Solidere d’une valeur de 908 037 $, la veille.
Les Bourses européennes ont terminé en forte hausse hier, principalement grâce à un rebond technique aidé par les performances favorables des places américaines et asiatiques mercredi et jeudi. Elles ont été tirées aussi par des conjectures selon lesquelles la Fed, qui devrait relever son principal taux directeur de 5 à 5,25 %, tiendrait un discours « modéré » à cette occasion sur l’évolution future de sa politique monétaire. De plus, l’offre d’achat lancée par le Crédit agricole sur le groupe bancaire grec Emporiki a soutenu l’ensemble du secteur bancaire ainsi que l’amélioration du secteur de la construction par rapport aux sociétés qui y sont liées.
La Bourse de New York a continué sur sa lancée de la veille, dans un marché suspendu à la décision imminente de la Fed qui a relevé hier son principal taux directeur d’un quart de point à 5,25 % comme largement anticipé depuis plusieurs semaines. Bien que la Fed ait laissé entendre qu’il pourrait y avoir d’autres hausses de taux si le risque inflationniste persistait, les investisseurs ont été rassurés par le ton modéré de son communiqué soulignant que les derniers indicateurs laissent penser que la croissance se ralentit, ce qui devrait aider à limiter les pressions inflationnistes (voir par ailleurs).
Le dollar baisse face à l’euro après la décision de la Fed
Sur les marchés des changes, cette décision de la Fed a donné un coup d’arrêt à la hausse du dollar face à l’euro car plusieurs opérateurs misaient sur un relèvement plus sensible de son principal taux directeur à 5,50 %. L’euro, qui s’échangeait autour de 1,2525 $ avant cette décision, a frôlé ensuite le seuil de 1,2650 $, consécutivement à des prises de bénéfices sur le billet vert, indique-t-on dans les milieux cambistes.
Élie KAHWAGI
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