La débauche de cartons brandis dimanche soir par l’arbitre du match Portugal-Pays-Bas a provoqué la colère du président de la FIFA, Joseph Blatter, et ajouté un nouveau chapitre au cahier de doléances ouvert contre les directeurs de jeu depuis le début du Mondial de football.
« Je pense que l’arbitrage mérite un carton », a lancé M. Blatter après Portugal-Pays-Bas (1-0) : « Les actions de l’arbitre sont allées à l’encontre de ce qui aurait pu être un excellent spectacle de football (...) Il n’est pas entré dans l’esprit du jeu. »
Le Russe Valentin Ivanov a battu à cette occasion le record de distribution de cartons dans un match de Coupe du monde, avec 16 jaunes et quatre rouges.
« M. Ivanov a été dépassé par les événements, et l’impression qui se dégage de son match est celle d’un arbitre qui a sifflé le plus souvent à contretemps », a analysé l’ancien arbitre international français Joël Quiniou dans le quotidien l’Équipe.
Le patron de la FIFA (Fédération internationale de football association) était déjà intervenu jeudi pour dénoncer un incident rarissime : l’Anglais Graham Poll, qui arbitrait Australie-Croatie, avait sorti deux cartons jaunes consécutifs contre le Croate Josip Simunic, en oubliant de l’exclure... C’est finalement au troisième carton jaune que M. Poll a pensé à exclure le joueur.
« L’arbitre et trois de ses assistants sont reliés entre eux par un système d’oreillettes, il est incompréhensible que personne ne soit intervenu », avait commenté M. Blatter.
Ces critiques, violentes et surtout inhabituelles de la part de la FIFA, sont à la hauteur des exigences formulées et des efforts entrepris pour placer les directeurs de jeu dans les meilleures conditions.
La FIFA avait notamment décidé, pour la première fois, de sélectionner pour la Coupe du monde non des arbitres uniques, mais des trios d’arbitres – arbitre de champ et deux assistants – de même nationalité, habitués à travailler ensemble. Les tests d’aptitude physique ont été rendus plus sélectifs, et les arbitres ont été rassemblés en stage avant la Coupe du monde.
Lettre et esprit
Le début du Mondial démontre que la difficulté, illustrée par les errements de M. Ivanov dimanche soir, consiste à interpréter les consignes données par la FIFA et par M. Blatter lui-même. « Assurez la qualité du jeu et protégez les bons joueurs », avait-il lancé à la veille du match d’ouverture.
Avant le Mondial, les équipes avaient clairement été prévenues des nouvelles règles du jeu : les tacles dangereux, les coups de coude, le tirage de maillot, la simulation et les manœuvres destinées à gagner du temps seraient désormais sanctionnés de cartons jaunes.
« Notre but n’est pas d’avertir ou d’exclure le plus de joueurs possible, nous voulons sanctionner les fautes de manière homogène, avait alors expliqué l’arbitre allemand Markus Merk. Nous voulons d’abord protéger les joueurs qui peuvent et qui veulent jouer au football. »
C’est, au fond, exactement ces instructions que M. Ivanov a essayé d’appliquer dimanche. En confondant, selon Joseph Blatter, la lettre et l’esprit du jeu.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La débauche de cartons brandis dimanche soir par l’arbitre du match Portugal-Pays-Bas a provoqué la colère du président de la FIFA, Joseph Blatter, et ajouté un nouveau chapitre au cahier de doléances ouvert contre les directeurs de jeu depuis le début du Mondial de football.
« Je pense que l’arbitrage mérite un carton », a lancé M. Blatter après Portugal-Pays-Bas (1-0) : « Les actions de l’arbitre sont allées à l’encontre de ce qui aurait pu être un excellent spectacle de football (...) Il n’est pas entré dans l’esprit du jeu. »
Le Russe Valentin Ivanov a battu à cette occasion le record de distribution de cartons dans un match de Coupe du monde, avec 16 jaunes et quatre rouges.
« M. Ivanov a été dépassé par les événements, et l’impression qui se dégage de son match est celle d’un arbitre...