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Rafah revit l’intifada

Oum Mahmoud Hussein nettoie sereinement sa cuisine. À travers sa vitre, elle observe des blindés israéliens tirant des salves de mitrailleuse. « Je n’ai pas peur, dit-elle, nous avons déjà vécu des incursions israéliennes à Rafah. » La maison de Oum Mahmoud Hussein n’est située qu’à environ 700 mètres de la position militaire israélienne attaquée à l’aube, lors de l’opération armée palestinienne la plus importante depuis le retrait israélien de la bande de Gaza achevé en septembre 2005. La tête couverte d’un foulard noir, elle parle calmement. Elle n’est effrayée ni par les mouvements des blindés israéliens ni par les survols des hélicoptères Apache au-dessus du secteur, une zone agricole qui ne compte que quelques habitations. « Vers cinq heures du matin, nous avons entendu des explosions puis il y a eu des tirs depuis les tours sur la frontière où étaient postés des soldats israéliens », raconte-t-elle, tout en balayant le sol de sa cuisine, ses enfants à ses côtés. « Au lever du soleil, il y a eu des tirs intenses des tanks et des hélicoptères », poursuit cette mère de famille. Oum Mahmoud Hussein ne craint pas une opération d’envergure de réoccupation de la bande de Gaza. « Nous sommes habitués. J’ai habité dans le camp de réfugiés de Rafah et nous avons vécu de grandes opérations israéliennes », assure-t-elle, alors qu’une explosion retentit. Rafah a été le théâtre des violences les plus importantes avant le retrait, en septembre dernier, de l’armée et des colons israéliens de la bande de Gaza après 38 ans d’occupation. L’armée israélienne et des combattants palestiniens s’y sont affrontés dans des heurts sanglants tout au long de la seconde intifada. Tout près de la maison de Oum Mahmoud Hussein, un poste de la sécurité palestinienne a été entièrement évacué. Seuls des drapeaux palestiniens flottent encore au vent. Les hommes se sont rassemblés à quelques centaines de mètres, à l’abri. Certains observent à l’aide de jumelles la frontière, radio à la main pour informer leurs supérieurs des mouvements israéliens. « C’est le poste le plus proche de la frontière. Il a été visé par des tirs. C’est pour cela que nous nous sommes repositionnés plus loin », lâche Khaled Abou Saoud, un officier de la Sécurité nationale. Il était en poste cette nuit et a assisté, de loin, à l’attaque. « Nous avons entendu des tirs à l’aube. Ensuite, il y a eu des explosions, de la fumée. Plus tard, nous avons vu un char israélien pénétrer dans la bande de Gaza », dit-il. Sakher Abou El-OUN (AFP)
Oum Mahmoud Hussein nettoie sereinement sa cuisine. À travers sa vitre, elle observe des blindés israéliens tirant des salves de mitrailleuse. « Je n’ai pas peur, dit-elle, nous avons déjà vécu des incursions israéliennes à Rafah. »
La maison de Oum Mahmoud Hussein n’est située qu’à environ 700 mètres de la position militaire israélienne attaquée à l’aube, lors de l’opération armée palestinienne la plus importante depuis le retrait israélien de la bande de Gaza achevé en septembre 2005.
La tête couverte d’un foulard noir, elle parle calmement. Elle n’est effrayée ni par les mouvements des blindés israéliens ni par les survols des hélicoptères Apache au-dessus du secteur, une zone agricole qui ne compte que quelques habitations.
« Vers cinq heures du matin, nous avons entendu des explosions puis...