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Actualités - Chronologie

DETTE Les grands émergents, désormais prospères, remboursent ou... prêtent

La Russie et le Mexique sont venus hier allonger la liste des pays émergents à qui une puissance financière décuplée par leur essor économique et la flambée du pétrole permet de payer d’un bloc leur dette, voire pour certains de devenir eux-mêmes créanciers. La Russie va achever d’ici à août le remboursement de sa dette auprès du Club de Paris en payant les 22 milliards de dollars qu’elle lui doit, plus une prime d’un milliard de dollars pour compenser en partie les intérêts ainsi économisés, a annoncé son ministre des Finances Alexeï Koudrine. Cette opération, qui a fait l’objet de plusieurs mois de négociations difficiles, est encore plus ambitieuse que celle menée l’an dernier, au terme de laquelle elle avait déjà remboursé par anticipation 15 milliards d’euros. Simultanément, le Mexique a annoncé le remboursement anticipé de 7 milliards de dollars à la Banque mondiale et à la Banque interaméricaine de développement (BID), ce qui représente la moitié de sa dette extérieure auprès des organismes financiers internationaux (13 milliards de dollars). Ces deux pays, tout comme l’Algérie, qui avait annoncé il y a un mois le remboursement anticipé de 8 milliards de dollars, bénéficient à plein de recettes pétrolières qui atteignent des niveaux inédits grâce au triplement des cours du brut depuis quatre ans (à plus de 70 dollars le baril). Même chose pour l’Indonésie, qui a elle aussi fait part hier de son intention de rembourser la moitié de sa dette auprès du Fonds monétaire international (FMI) soit 3,7 milliards de dollars. La Russie et le Mexique sont respectivement deuxième et cinquième producteurs mondiaux de pétrole. L’Algérie et l’Indonésie sont moins bien classées, mais elles sont toutes deux membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Pourtant de tels remboursements, s’ils contribuent à regarnir les caisses des 19 pays prêteurs du Club de Paris, sont aussi à leurs yeux une source de préoccupation, ainsi qu’ils l’ont admis implicitement lors du cinquantième anniversaire du forum ce mois-ci. Ils craignent en effet que les grands pays émergents, tels l’Inde, la Chine ou le Brésil, dont certains comptaient autrefois parmi leurs « clients » et débiteurs, ne se mettent à leur faire de la concurrence en prêtant à leur tour à des conditions jugées moins contraignantes. Le Club de Paris conditionne en effet systématiquement ses prêts à l’application d’un programme de réformes structurelles conçu par le FMI. Si bien que les dirigeants du Club plaident désormais ouvertement pour une adhésion de ces nouvelles puissances à leur cercle. La problématique est similaire pour le FMI, dont les débiteurs se font de plus en plus rares (le Brésil et l’Argentine viennent également de payer leur ardoise par anticipation), et qui, 61 ans après sa création, semble désormais au bord de la crise existentielle. Les interrogations autour de ces « nouveaux pays créanciers » ont d’ailleurs fait l’objet de discussions lors du dernier G8 finances qui s’est tenu au début du mois à Saint-Pétersbourg. Les huit pays membres (Russie, États-Unis, Japon, Canada, France, Grande-Bretagne, Italie et Allemagne) ont convoqué plusieurs pays émergents (Chine, Inde, Brésil, Afrique du Sud, Nigeria) pour leur prêcher les mérites d’une « coordination » des créanciers. De quoi empêcher selon eux « que ne s’accumulent des niveaux insupportables de dette dans les pays à faible revenu », en particulier faire en sorte que ceux qui ont récemment bénéficié d’allègements de dette n’en accumulent pas de nouvelles auprès d’autres pays.

La Russie et le Mexique sont venus hier allonger la liste des pays émergents à qui une puissance financière décuplée par leur essor économique et la flambée du pétrole permet de payer d’un bloc leur dette, voire pour certains de devenir eux-mêmes créanciers.
La Russie va achever d’ici à août le remboursement de sa dette auprès du Club de Paris en payant les 22 milliards de dollars qu’elle lui doit, plus une prime d’un milliard de dollars pour compenser en partie les intérêts ainsi économisés, a annoncé son ministre des Finances Alexeï Koudrine.
Cette opération, qui a fait l’objet de plusieurs mois de négociations difficiles, est encore plus ambitieuse que celle menée l’an dernier, au terme de laquelle elle avait déjà remboursé par anticipation 15 milliards d’euros.
Simultanément, le Mexique a...