Le plongeon des Bourses, une correction nécessaire, selon le FMI
La chute des Bourses dans le monde est une correction attendue et nécessaire, provoquée par une meilleure appréciation des risques par les investisseurs, a estimé hier le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Rodrigo Rato. « Les marchés ont récemment adopté une meilleure appréciation des risques et nous estimons que cela représente probablement une correction qui était nécessaire », a déclaré le responsable à la presse lors d’un déplacement en Australie.
« Nous évoluons dorénavant vers une position plus neutre en matière de politique monétaire, ce qui est sain, car c’est plus durable », a-t-il ajouté.
Ces commentaires suivent le plongeon, mardi, de la plupart des Bourses mondiales, notamment de Tokyo, qui a accusé ses plus sévères pertes depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. « Parallèlement, certains signes de pressions inflationnistes prennent de l’ampleur... La situation n’est pas trop grave, mais, quand même, ça prend de l’ampleur », a précisé le directeur, ajoutant qu’une « autre raison d’inquiétude est sans aucun doute » les implications que la flambée du pétrole aura sur la croissance. « Cependant, les marchés portent à nouveau leur attention sur certains points fondamentaux. La stabilité macroéconomique, la stabilité financière, la crédibilité des politiques de lutte contre l’inflation des autorités monétaires deviennent de plus en plus importantes », a-t-il dit.
La France plaide pour un
élargissement du Club de Paris
Le ministre français de l’Économie et des Finances, Thierry Breton, s’est prononcé hier en faveur d’un élargissement du Club de Paris, qui réunit les principaux pays créanciers de la planète.
« Je souhaite que la maison s’agrandisse », a-t-il déclaré, selon le texte d’un discours qui a été lu en son absence par le directeur du Trésor français, Xavier Muscat, lors d’un colloque organisé à Paris pour le 50e anniversaire de l’institution. Créé en 1956 lors d’une réunion à Paris de pays créanciers de l’Argentine, le Club de Paris rassemble les grands prêteurs mondiaux. Ses 19 membres se retrouvent 10 à 11 fois par an. Il s’agit de l’Allemagne, de l’Australie, de l’Autriche, de la Belgique, du Canada, du Danemark, de l’Espagne, des États-Unis, de la Finlande, de la France, de l’Irlande, de l’Italie, du Japon, de la Norvège, des Pays-Bas, du Royaume-Uni, de la Russie, de la Suède et de la Suisse. En cinquante ans, ils ont conclu quelque 400 accords pour un peu plus de 500 milliards de dollars. Mais aujourd’hui de nombreux pays émergents remboursent à vitesse accélérée leurs prêts, grâce à une forte croissance économique et à l’envolée des prix des matières premières qui aident à remplir leurs caisses. Du coup, certains se demandent si le Club de Paris a encore un avenir. Autre problème : le Club de Paris est aujourd’hui confronté à une certaine forme de concurrence de ces pays émergents, tels l’Inde, la Chine ou le Brésil que le Club aimerait accueillir en son sein. De plus en plus de pays en développement préfèrent faire appel à eux pour emprunter plutôt que de passer par les pays membres du Club de Paris, qui conditionnent leurs prêts à l’application d’un programme du Fonds monétaire international (FMI).
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