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Avant tout, un problème de confiance et d’intentions…

Pacte d’honneur ou pas, l’expérience met en relief cette question que se pose l’opinion : est-ce que tous les quatorze chefs de file participant au dialogue, notamment ceux qui entretiennent de bons rapports avec la Syrie, ont vraiment l’intention de respecter les engagements pris, les résolutions adoptées à l’unanimité ? Et, partant, est-ce que la Syrie est disposée à répondre favorablement à ces décisions ? Lors de l’une de ses séances, la conférence sur le dialogue avait chargé le président Fouad Siniora de se rendre à Damas pour discuter de l’application du programme libanais. Mais il attend toujours qu’on lui fixe rendez-vous. Les Syriens ont d’abord avancé le prétexte de la nécessité d’un ordre du jour des sujets que leur hôte potentiel devait leur soumettre. Il s’est exécuté, a adressé la liste requise à son homologue syrien. Qui, jusqu’à présent, n’a pas daigné lui répondre. Mais à travers leurs médias et les déclarations de leurs officiels, les Syriens font valoir que les pourparlers se trouvent conditionnés par un assainissement des relations, un apaisement des tensions. Sans rien proposer à ce sujet. Bien au contraire même, ils ne font jamais qu’entretenir et exacerber, sur le terrain ou par des initiatives politiques, ces mêmes tensions. Toujours lors d’une séance de dialogue, le président Amine Gemayel avait suggéré aux proches de la Syrie de s’y rendre. Pour voir si elle a, à leur propre encontre, des reproches à exprimer. Pour voir aussi si elle continue à considérer le président du Conseil, Fouad Siniora, comme une partie adverse, persona non grata, même s’il a été chargé par la conférence, entendre également par les prosyriens, de visiter Damas. D’autres cadres pensent que le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, devrait s’entremettre avec la Syrie en vue d’aider à l’application des résolutions adoptées par les 14 pour qu’elles ne restent pas lettre morte et pour prouver que l’engagement pris par certains des participants n’était pas de pure forme, uniquement pour se dédouaner aux yeux des Libanais, mais bien sincère. Sans laisser la responsabilité au seul gouvernement, afin d’en réclamer le départ en cas de non-exécution des résolutions prises à l’unanimité. Dans cet esprit et dans ce cadre, certains estiment que lors de sa dernière rencontre, le comité des 14 aurait dû en fait, au lieu de traiter de la stratégie de défense (sujet long qui peut attendre), étudier les moyens à mettre en œuvre pour concrétiser les décisions déjà adoptées. Car il ne sert à rien de discuter et de s’entendre si cela ne se traduit pas par des actes. Ils ajoutent que l’on devrait charger le président Nabih Berry et sayyed Nasrallah de relancer les Syriens, pour obtenir un rendez-vous pour le président Siniora, ou pour une délégation du comité. L’on se demande cependant dans les cercles politiques si le Hezbollah ne lie pas, en fait, la démarche qu’on lui demande d’effectuer auprès de la Syrie à l’adoption de ses vues sur la stratégie de défense. Sans quoi, il n’y aurait toujours rien à attendre du côté de l’établissement des relations diplomatiques, de la ligne bleue et du tracé des frontières à Chebaa. On sait à ce propos que, dans un message à M. Siniora, le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a récemment confirmé que cette enclave reste juridiquement syrienne, jusqu’à un éventuel tracé des frontières permettant à l’organisation d’en homologuer la libanité. Et de la faire passer de la 242 à la 425. Ce tracé des frontières, faut-il le rappeler, est également exigé par le Conseil de sécurité à travers la 1680. Autre question cruciale : l’armement palestinien hors des camps. Sujet dont la gravité a été soulignée par les tirs de katiouchas dits d’origine indéterminée à travers la frontière avec Israël. Là aussi, la question des intentions se pose au niveau du Hezbollah. Veut-il l’application de la décision de désarmement prise par le comité de dialogue national dont il fait partie ? Ou veut-il l’inclure dans un panier global, en considérant que cet armement palestinien hors des camps reste l’un des moyens de faire face à Israël ? Le ministre de l’Information, Ghazi Aridi, soulignant que les tirs de katiouchas nous ramènent à la période précédant 1982, invite le Hezbollah à aider à l’abolition de l’armement palestinien hors des camps. Pour bien établir que les organisations palestiniennes concernées ne mènent pas d’opérations combinées avec le Hezb. Émile KHOURY
Pacte d’honneur ou pas, l’expérience met en relief cette question que se pose l’opinion : est-ce que tous les quatorze chefs de file participant au dialogue, notamment ceux qui entretiennent de bons rapports avec la Syrie, ont vraiment l’intention de respecter les engagements pris, les résolutions adoptées à l’unanimité ? Et, partant, est-ce que la Syrie est disposée à répondre favorablement à ces décisions ?
Lors de l’une de ses séances, la conférence sur le dialogue avait chargé le président Fouad Siniora de se rendre à Damas pour discuter de l’application du programme libanais. Mais il attend toujours qu’on lui fixe rendez-vous. Les Syriens ont d’abord avancé le prétexte de la nécessité d’un ordre du jour des sujets que leur hôte potentiel devait leur soumettre. Il s’est exécuté, a adressé...