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Actualités - Analyse

Analyse Avec sa proposition, Washington cible Moscou et Pékin plus que Téhéran

Washington a cherché plus à s’allier la Russie et la Chine dans sa menace de sanctions contre l’Iran, qu’à faire preuve d’une ouverture historique en proposant mercredi à Téhéran un dialogue sous condition sur la question nucléaire, estiment des experts à Washington. « Je ne pense pas que la secrétaire d’État Condoleezza Rice ait pris ce tournant politique avec de grands espoirs de faire changer soudain l’attitude iranienne », estime Anthony Cordesman, analyste spécialisé dans les questions de défense au Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS) de Washington, interrogé par l’AFP. Certains analystes soulignent que la décision américaine, annoncée à la veille de discussions cruciales à Vienne, envoie un message clair aux pays alliés sur la volonté de Washington de faire avancer le processus diplomatique face à l’Iran et de ne pas agir unilatéralement. Elle assure aussi, qu’en cas d’échec des négociations, la Russie et la Chine auraient du mal à ne pas soutenir d’éventuelles sanctions à l’égard du régime iranien. « Même si nous ne nous attendons pas à une réussite, aussi longtemps que nous négocions de bonne foi, que nous sommes assis à la table des négociations et que nous essayons d’être constructifs, cela pourrait nous aider (en cas de besoin) à faire comprendre à la Russie et à la Chine que la diplomatie a réellement échoué à un moment donné », souligne un autre analyste spécialiste des questions de défense et de stratégie, Michael O’Hanlon, de l’institution Brookings, interrogé par l’AFP. Selon Henri Sokolski, directeur général du Centre d’éducation sur la non-prolifération, l’annonce de la secrétaire d’État Condoleezza Rice pourrait en outre faire taire les critiques venant de Téhéran sur la volonté réelle de Washington de poursuivre la voie diplomatique. Selon un responsable du département d’État, qui a requis l’anonymat, Washington a peu d’espoir de voir une quelconque avancée avec Téhéran, mais la proposition américaine était un pas nécessaire. « Même si les Iraniens nous roulent, nous aurons montré à nos alliés que nous avons fait un pas vers eux », explique-t-il. Pour Joseph Cirincione, un expert en matière de non-prolifération au Center for American Progress à Washington, la réponse iranienne à la proposition américaine donnera aussi des indications sur l’équilibre des pouvoirs à Téhéran, entre les idéologues comme Ahmadinejad et les pragmatiques. « La question est de savoir si les mollahs ou les intérêts économiques vont profiter de tout ça pour sortir de l’isolement diplomatique et financier qui pèse sur l’économie iranienne et s’affranchir du pouvoir politique grandissant d’Ahmadinejad », ajoute-t-il. Selon M. Cirincione, la proposition américaine va déclencher une « danse diplomatique » qui pourrait durer plusieurs mois. « Je pense que nous allons zigzaguer dans cette crise tout l’été avant de savoir si nous pouvons réellement négocier un accord avec l’Iran ou si nous allons vers un conflit de nature militaire », conclut-il.
Washington a cherché plus à s’allier la Russie et la Chine dans sa menace de sanctions contre l’Iran, qu’à faire preuve d’une ouverture historique en proposant mercredi à Téhéran un dialogue sous condition sur la question nucléaire, estiment des experts à Washington.
« Je ne pense pas que la secrétaire d’État Condoleezza Rice ait pris ce tournant politique avec de grands espoirs de faire changer soudain l’attitude iranienne », estime Anthony Cordesman, analyste spécialisé dans les questions de défense au Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS) de Washington, interrogé par l’AFP.
Certains analystes soulignent que la décision américaine, annoncée à la veille de discussions cruciales à Vienne, envoie un message clair aux pays alliés sur la volonté de Washington de faire avancer le...