La Russie s’active sur
le dossier du nucléaire iranien
le 27 mai 2006 à 00h00
Un haut responsable russe, Igor Ivanov, sera aujourd’hui à Téhéran pour défendre les intérêts de Moscou dans la crise nucléaire iranienne, tenir les Iraniens au courant des dernières propositions en coulisse et connaître leur position avant une réunion la semaine prochaine. L’ancien chef de la diplomatie russe, qui dirige le Conseil de sécurité russe, doit rencontrer notamment le principal responsable du programme nucléaire iranien, Ali Larijani. Avec la détente survenue ces dernières semaines entre Téhéran et Washington, la Russie tente-t-elle de relancer sa proposition d’enrichir chez elle l’uranium pour l’Iran ?
Cette idée, qui avait permis à Moscou de jouer pendant quelques semaines un rôle de premier plan, n’avait pas abouti, malgré le soutien de l’Union européenne et de Washington, Téhéran s’accrochant à son droit de produire seul du combustible nucléaire pour ses centrales.
Mais le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Mohammad el-Baradei, a indiqué cette semaine que l’Iran était prêt à renoncer à son programme d’enrichissement pour plusieurs années dans le cadre d’un accord général avec l’Occident.
Plus important, la secrétaire d’État américaine Condoleezza Rice a estimé que la réunion de mercredi à Londres des cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU et de l’Allemagne avait enregistré des « progrès notables » sur le dossier iranien, sans que l’on sache en quoi ils consistent. Le même jour, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, en tournée dans le Golfe, avait déclaré que Moscou soutenait entièrement la position de la troïka européenne.
L’UE-3 (Allemagne, Royaume-Uni et France) se dit prête à aider l’Iran à construire via des projets conjoints plusieurs réacteurs à eau légère et à créer une banque de combustible nucléaire si Téhéran cesse d’enrichir de l’uranium.
Jeudi, le programme nucléaire iranien a été à nouveau abordé au sommet de Sotchi par la Russie et ses partenaires européens. Mais rien n’en est sorti de concret, du moins en public.
Cela n’empêche pas les analystes de Moscou d’être optimistes.
Outre l’équilibre géopolitique général, la Russie défend aussi ses contrats nucléaires en Iran qui risquent d’être abandonnés en cas de crise majeure. Elle construit la première centrale nucléaire iranienne de Bouchehr dans le sud (un contrat de près d’un milliard de dollars) et a proposé d’en construire plusieurs autres. Elle a aussi des contrats de vente importants avec Moscou. D’ailleurs, hier, les États-Unis ont appelé Moscou à reconsidérer sa décision d’honorer la vente de missiles antimissile à courte portée TOR-M1 à l’Iran.
Le ministre russe de la Défense, Sergueï Ivanov, avait déclaré hier à Saint-Pétersbourg que la Russie honorerait le contrat de livraison à l’Iran de ces missiles sol-air sauf « cas de force majeure ».
Un haut responsable russe, Igor Ivanov, sera aujourd’hui à Téhéran pour défendre les intérêts de Moscou dans la crise nucléaire iranienne, tenir les Iraniens au courant des dernières propositions en coulisse et connaître leur position avant une réunion la semaine prochaine. L’ancien chef de la diplomatie russe, qui dirige le Conseil de sécurité russe, doit rencontrer notamment le principal responsable du programme nucléaire iranien, Ali Larijani. Avec la détente survenue ces dernières semaines entre Téhéran et Washington, la Russie tente-t-elle de relancer sa proposition d’enrichir chez elle l’uranium pour l’Iran ?
Cette idée, qui avait permis à Moscou de jouer pendant quelques semaines un rôle de premier plan, n’avait pas abouti, malgré le soutien de l’Union européenne et de Washington, Téhéran...
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