Depuis la manif de mercredi, on est désormais fixé : les experts de la Banque mondiale, de la Société financière internationale, du FMI et de la Banque européenne d’investissement sont des ânes, menés au doigt et à l’œil par un Premier ministre au rictus oblique, lui-même commandé par un benêt barbichu assis sur son tas de fric. Que nous l’ont-ils pas dit plus tôt, les confettis citron vert et jaune avec un zeste d’orange ?
Les idées lumineuses de cette corbeille d’agrumes se résument aux points suivants : 1) Non au contrat d’embauche dans la fonction publique. Donc : oui à la mauvaise graisse des dizaines de milliers de fonctionnaires, payés au lance-pierre, mais enrichis par les prébendes des copains et des coquins. 2) Non aux privatisations synonymes de « haririsation ». Donc : oui aux officines poubelles
(Eau, Électricité, Téléphone) transformées en bureaux de placement communautaires… que l’État finira de toute façon par vendre 1 livre symbolique. 3) Non aux extensions d’horaire. Donc : oui aux privilèges des « droits acquis », de l’absentéisme, du café et de la sieste aux heures de production.
L’histoire de l’économie libérale est jalonnée de noms prestigieux : Adam Smith, Carl Menger, Stanley Jevons, Friedrich von Hayek. Alors pourquoi pas, Nabih Berry, Hassan Nasrallah, Khaled Hdadé et Michel Aoun…
On se réjouit de penser ainsi que, place Riad el-Solh
mercredi, il y avait 250 000 spécialistes en économie, finances, gestion budgétaire et administrative. Un bonheur de voir aussi que réverbères, magasins et immeubles du centre-ville sont restés intacts. Merci, merci, et mille
génuflexions.
Pour le reste, tout est bien qui finit bien. Les réformes imposées par l’Occident décadent ne passeront pas. Beyrouth I non plus. Ce n’est que plus tard, quand la dette atteindra 80 milliards, quand le pain, le sucre, le riz et l’essence seront introuvables, que les cocus du 10 mai se
résoudront sans doute à avaler, non pas une couleuvre (Natrix maura, 2 m, 6 kg), ou un boa (Boa constrictor imperator, 3 m, 15 kg), mais un anaconda (Eunectes murinus, 9 m, 200 kg).
On en parlera au moment de la digestion.
Gaby NASR
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Depuis la manif de mercredi, on est désormais fixé : les experts de la Banque mondiale, de la Société financière internationale, du FMI et de la Banque européenne d’investissement sont des ânes, menés au doigt et à l’œil par un Premier ministre au rictus oblique, lui-même commandé par un benêt barbichu assis sur son tas de fric. Que nous l’ont-ils pas dit plus tôt, les confettis citron vert et jaune avec un zeste d’orange ?
Les idées lumineuses de cette corbeille d’agrumes se résument aux points suivants : 1) Non au contrat d’embauche dans la fonction publique. Donc : oui à la mauvaise graisse des dizaines de milliers de fonctionnaires, payés au lance-pierre, mais enrichis par les prébendes des copains et des coquins. 2) Non aux privatisations synonymes de « haririsation ». Donc : oui aux officines...