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Actualités - Chronologie

CONCERT - À l’Assembly Hall (AUB) Walid Hourani, Scaramouche du piano

Présenté par les amis du livre (The Lebanese Board on Books for Young People) à l’Assembly Hall (AUB), Walid Hourani est de retour avec ses admirables touches à fins fleurets au clavier. «Scaramoucheries» pianistiques pétillantes qui ne laissent guère l’auditoire indifférent… Soirée placée sous le signe du livre, de la culture et de la lecture parfaitement appréciés par un pianiste hors pair et grand favori des mélomanes libanais. Salle presque comble pour Walid Hourani portant, sans surprise aucune et avec simplicité, son gilet à motif de partition musicale sur pantalon noir et chemise blanche. Toujours la même bonne humeur, toujours le même sens de la répartie et toujours cette sympathique vivacité faite d’humour et de talent. Attestant de sa vaste et fine culture musicale, un menu soigneusement concocté, non seulement pour une unique démonstration de bravoure ou de brio, mais pour un évident parti pris pour l’indéfectible amour de la très bonne musique. Sous les plafonds en boiseries de la grande salle ont retenti des pages de Mozart, Prokofiev, Debussy et Milhaud. Œuvres sélectives mais familières d’un public de mélomanes avertis. Par ailleurs, il faut souligner la merveilleuse faculté de l’artiste de passer avec aisance d’un compositeur à un autre, d’un siècle à un autre, d’une atmosphère à une autre... Éloquence absolue d’un pianiste qui sait donner à chaque partition les tonalités et les nuances qui lui conviennent. Ouverture en douceur et charme avec la Sonate en C majeur K330 de Mozart. Trois mouvements (allegro moderato, andante cantabile et allegretto) pour traduire tout le génie de Salzbourg dans sa spontanéité, sa tendresse, sa légèreté, son souffle aérien, sa luminosité. Surtout cet andante aux harmonies suaves et séduisantes suivi d’un allegro éclatant de joie et pimpant comme une bouillonnante sève printanière. Plus dramatique et moderne dans ses dissonances harmoniques est la Sonate n°2 en D mineur op 14 de Serge Prokofiev, où le pianiste a abordé tous les genres avec bonheur. Quatre mouvements (allegro ma non troppo, allegro marcato, andante, vivace) d’une beauté sonore exceptionnelle (interprétés avec partitions sur le clavier) pour souligner avec éclat que le piano fut l’instrument de prédilection de celui qui signa Roméo et Juliette et Pierre et le loup. À la fois classique et novateur, Prokofiev n’en reste pas moins d’un lyrisme étonnant, lucide et angoissé, observateur de la stridence contemporaine, avec une spécificité singulièrement russe. Malheureusement, le micro a fait des siennes en plein recueillement de l’andante. Panique de l’auditoire devant l’acoustique qui flanche. Et Walid Hourani, très pince-sans-rire et avec son indémontable sens de l’humour, de déclarer au public: «Si seulement je savais jouer comme cela…» Rires et applaudissements… À Beyrouth, ce sont des incidents courants et banalisés… Un pianiste émérite Entracte et reprise avec une Rêverie de Claude Debussy. Poésie, impressionnisme, tendres contours d’aquarelle transparente, voilà les images en teintes vaguement tristes de cette rêverie sonore impalpable, à la fois ensoleillée et cotonneuse. Et puis ce joyau pianistique, ciselé de main d’orfèvre qu’est la Suite bergamasque englobant un prélude, un menuet, un Clair de lune pour conclure avec Passepied. On s’arrête surtout un moment devant cet insaisissable Clair de lune distillant de lumineuses notes argentées dans un savant dosage et un équilibre parfait, en grandes vagues caressantes et espacées. Pour le plus raffiné des mélodistes français, voilà un pianiste émérite qui va puiser en toute intrépidité et délicatesse la beauté cachée au plus profond des nuances suggérées… Pour terminer, une œuvre culte et un morceau d’anthologie du répertoire pianiste de l’Hexagone: Scaramouche, de Darius Milhaud. Occasion en or pour Walid Hourani d’affiner ses touches à fleurets mouchetés et de jouer aux Fanfan la Tulipe et au Lagardère du clavier. Lui qui a signé ici aussi, avec un talent sûr et convaincant, l’arrangement pour un seul piano d’une œuvre connue pour sa truculence, son pétillement de bois vert dans le feu, son éblouissement de flammèches comme sarments dans l’âtre… Une œuvre pourtant connue depuis toujours pour être jouée à deux pianos. Version tout aussi brillante, prodigieusement vive, sensuelle, ensoleillée. Un jeu décoiffant pour un opus où éclate, en un exubérant rite et désordre dionysiaque, l’irrépressible joie de vivre. Standing ovation pour un grand ami de la musique et un excellent complice du clavier. Deux bis; «jazzeries» et danses endiablées des lutins sur des touches d’ivoire saisies brusquement de frénésie. Le plaisir et l’euphorie de la musique sont toujours là comme un parfum pénétrant dont on respire avec délectation l’essence fuyante mais perceptible… Edgar DAVIDIAN
Présenté par les amis du livre (The Lebanese Board on Books for Young People) à l’Assembly Hall (AUB), Walid Hourani est de retour avec ses admirables touches à fins fleurets au clavier. «Scaramoucheries» pianistiques pétillantes qui ne laissent guère l’auditoire indifférent… Soirée placée sous le signe du livre, de la culture et de la lecture parfaitement appréciés par un pianiste hors pair et grand favori des mélomanes libanais. Salle presque comble pour Walid Hourani portant, sans surprise aucune et avec simplicité, son gilet à motif de partition musicale sur pantalon noir et chemise blanche. Toujours la même bonne humeur, toujours le même sens de la répartie et toujours cette sympathique vivacité faite d’humour et de talent.
Attestant de sa vaste et fine culture musicale, un menu soigneusement concocté,...