Réponse à un appel
En réponse à l’article « Appel aux Arméniens » (L’Orient-Le Jour du 15 avril 2006), je tiens à souligner ce qui suit :
– Le comité du dialogue est formé de plusieurs courants politiques nationaux. Les députés arméniens représentant les trois partis arméniens politiques appartiennent à divers courants politiques libanais, ce qui fait que durant les conversations, les Arméniens ont leur mot à dire sur tous les sujets relevant des grands titres généraux ; et la neutralité arménienne existe quand cela concerne des sujets délicats qui pourraient semer la discorde entre les participants. Cela pour préserver l’ambiance pacifique du dialogue.
– L’unité des rangs arméniens a constitué un bon exemple pour les autres. Nombreux étaient ceux qui ont admiré cette harmonie et souhaité que les autres Libanais suivent cet exemple.
– L’auteur de la lettre se base sur des allégations publiées dans les journaux en omettant de voir l’essentiel de ce qui a été réalisé sur le terrain.
Agop KASSARDJIAN
Député
TV et politesse
Lundi passé, je regardais La Youmal Show sur Future TV. J’ai été surpris par le sketch de l’institutrice qui enseignait aux élèves des classes de maternité une chanson qui se voulait critique du général Michel Aoun.
Je suis, certes, pour la liberté d’expression, bien que parfois elle dépasse le minimum d’objectivité requis. Mais là, c’était trop choquant. Les règles les plus simples de politesse et du respect de soi n’ont pas été observées. Les insultes ne se sont pas limitées à la personne du général, mais ont atteint ses sympathisants, les traitant de « ces quelques enfants » et de ceux qui ne « comprennent rien », tout en montrant du doigt les élèves du petit jardin, censés représenter les sympathisants du général dans ce sketch.
Ce langage reflète la rancune de quelques-uns, non plus envers une personnalité politique, mais envers toute une fraction du peuple libanais, ce qui ne sert qu’à envenimer la situation, pour aboutir je ne sais où.
Camille MOURANI
« À la manière de »
J’ai lu avec jubilation l’article « Une “ troisième force ” ? » du mardi 25 avril 2006, écrit par M. Albert Sara, et bien que très consciente du fait que ce grand monsieur n’attende rien de personne, je dirais quand même que son discours, objectif, argumenté et sans passion, devrait être envoyé à chacun de nos politiciens – traduit en arabe facile et expliqué pour la plupart – afin qu’ils s’entraînent, comme à l’école, « à écrire à la manière de », à dire des choses cohérentes, réelles et irréfutables. Mais pour ce faire, il faudrait peut-être les penser un peu, ces choses, ou au moins en connaître d’autres du même genre. Penser. Connaître. Je m’égare.
Y a-t-il un traducteur dans la salle ?
R. KHOURY
Ce qui intéresse les Libanais
Les fermes de Chebaa, la partielle de Baabda-Aley, le départ de Lahoud, le désarmement du Hezbollah, l’armement palestinien… Voilà ce qui intéresse les leaders. Hier, ils se battaient sur tous ces sujets. De nombreux martyrs sont tombés de par leurs fautes et leur refus de dialoguer. Aujourd’hui, ils tentent de s’entendre sur ces sujets. Heureusement ! Mais il aura fallu trente ans pour qu’ils se mettent autour d’une table et s’engagent à régler ces problèmes. Or, le monde a changé. Ces problèmes sont aujourd’hui de second ordre et cela, quoiqu’on en dise. L’avenir du Liban, l’avenir des jeunes, la pauvreté, la fracture sociale, le développement économique, une stratégie globale pour le Liban : voilà ce qu’attendent les Libanais de leurs dirigeants. Nos responsables disent vouloir reconstruire le Liban et bâtir un avenir alors qu’ils ne soulèvent aucune de ces questions essentielles et bloquent en réalité sa progression par leur simple maintien au pouvoir. Dès lors, comment peut-on les croire ? Comment peut-on leur faire confiance ? Comment peut-on les laisser parler en notre nom au niveau international, eux qui n’ont pas évolué ?
Ce qu’il faut au Liban, c’est une révolution. La révolution du Cèdre est incomplète. Elle doit être complétée par une autre révolution. Cette révolution ne doit pas être contre Lahoud mais contre l’ensemble de l’establishment politico-économique. Le féodalisme politique et économique qui bloque l’ascenseur social permettant aux Libanais de s’élever socialement doit être renversé.
Michel FAYAD
Notre responsabilité à tous
Le marasme politique dans lequel baigne le Liban ces derniers jours est à l’image de la médiocrité et de l’arrivisme des uns, et du manque de maturité et d’hésitation des autres. Que le monde entier veuille bien se pencher sur notre petit territoire pour nous sortir de la faillite et nous remettre sur les rails de la démocratie perdue dans les méandres de l’occupation et de la guerre. Que les Libanais aient pu espérer un instant que leur pays leur reviendrait de droit, avec ses défauts et ses qualités, ne semble pas perturber la hargne et l’entêtement d’un président qui, accroché à son fauteuil, continue de nous sortir des hérésies plus énormes les unes que les autres. Qu’un Michel Aoun perde ses nerfs parce que la majorité au pouvoir, qu’il a bien reconnue en participant aux élections, ne veut pas le nommer à l’unanimité ne passe plus. On s’entête à nous noyer dans le Moyen Âge, à nous empêcher de vivre décemment, à profiter de nos capacités économiques et culturelles pour faire partie du monde civilisé. C’est une responsabilité qui incombe à tous et, si cela continue, aux Libanais eux-mêmes.
Marie Reine Awad
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