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Actualités - Opinion

Retour de bâton

Subrepticement, en catimini, sans faire de vagues, ils ressortent de l’ombre. Ils tiennent salon, donnent des conférences de presse, déversent leur venin en public comme en privé et sont de nouveau sollicités par certains médias pour donner leur avis sur l’état du monde… Après l’assassinat de Rafic Hariri, ils s’étaient fait tout petits, voilà maintenant qu’ils reprennent du poil de la bête, gonflent leurs biceps et menacent leurs contempteurs des pires calamités. Qui sont-ils ? Voyons ! Il ne faut pas chercher bien loin. Qui est passé maître, des années durant, dans l’art de la désinformation, dans la pratique, parfaitement huilée, de la langue de bois ? Qui a toujours tiré fierté des directives « fraternelles » qui lui parvenaient d’au-delà les frontières ? Le « la » leur a été délivré à partir de Damas et ils s’en donnent maintenant à cœur joie. Les temps ont changé, pensent-ils… De fait, depuis le 14 février 2005, depuis cette sombre journée de lundi, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, beaucoup de temps a été perdu, énormément d’occasions immanquablement ratées. Latente, souterraine, la nuisance syrienne a tranquillement poursuivi son travail de sape et aujourd’hui, forte d’une nouvelle donne régionale (l’enlisement américain en Irak, la victoire du Hamas en Palestine, la montée en puissance de l’Iran), forte de l’impossibilité libanaise de constituer un bloc homogène, la Syrie enfonce le clou, se complaît à retourner le couteau dans la plaie : « Non » à des relations diplomatique, avec Beyrouth, « non » à une délimitation des frontières, « non » au désarmement du Hezbollah, « non » à une visite de Fouad Siniora à Damas… à moins qu’elle ne soit précédée d’un pèlerinage à Canossa. Dans cette litanie de « non » figure quand même un « oui » : l’imprimatur à Émile Lahoud, la confiance renouvelée au cours de la fameuse accolade avec Bachar el-Assad à Khartoum. Comment s’étonner dès lors que le ban et l’arrière-ban des « amis » de Damas puissent se lever comme un seul homme pour épouser les thèses syriennes, les défendre bec et ongles, du dernier sous-fifre au plus haut gradé des partis Baas, PSNS et consorts… Tout cela alors que le dossier présidentiel et celui des armes du Hezbollah restent totalement bloqués et que même les accords obtenus à l’arraché au conclave du dialogue sont battus en brèche par la Syrie et ses féaux palestiniens. De ce tableau surréaliste émerge l’outrecuidance suprême : « l’appui inconditionnel » de la Syrie au dialogue national, celui-là même qu’elle s’est évertuée à torpiller par alliés interposés. Et là, deux questions se posent, deux interrogations s’imposent : le Hezbollah savait-il que la Syrie allait dire « non » à l’établissement de relations diplomatiques et au tracé des frontières ? Savait-il que le FPLP-CG d’Ahmad Jibril allait aussitôt se rebeller contre l’accord sur le désarmement des Palestiniens hors des camps ? Hassan Nasrallah ne pouvait que s’en douter, lui qui s’est récemment rendu à Damas et qui s’est personnellement entremis pour organiser les rencontres de Jibril avec les dirigeants libanais. On baignerait alors dans la pire des hypocrisies alors que le nœud principal, celui de la présidentielle, n’est pas près d’être dénoué. De toute évidence la Syrie tente de reprendre les choses en main, de se réimposer comme partenaire incontournable dans toute solution envisagée dans la région, que cela soit au Liban, en Irak ou même en Iran. Un message clair à l’adresse des Américains. « No deal », a asséné, il y a deux jours, Jeffrey Feltman niant toute possibilité de compromis avec la Syrie au détriment du Liban. Le 18 avril, Fouad Siniora entendra probablement le même discours, à Washington, de la bouche de George Bush cette fois. Cela arrangera-t-il les choses pour autant, cela accélérera-t-il la solution ? Il y a lieu d’en douter, du moins dans l’immédiat, alors que le même Fouad Siniora, Premier ministre du Liban, n’est toujours pas le bienvenu à Damas et que le régime syrien multiplie, impunément, défis et provocations. Constat pessimiste, me diriez-vous ? Regardons autour de nous : éparpillement, blocage, tentatives de réforme aussitôt contestées, esclandres suivis d’embrassades générales… et une évidence implacable : Émile Lahoud est toujours là et toise, de son palais, le reste de la République. Merci Damas, merci Bachar el-Assad ! Mais Serge Brammertz n’est pas loin et c’est là, peut être, l’issue de secours. Nagib AOUN
Subrepticement, en catimini, sans faire de vagues, ils ressortent de l’ombre. Ils tiennent salon, donnent des conférences de presse, déversent leur venin en public comme en privé et sont de nouveau sollicités par certains médias pour donner leur avis sur l’état du monde…

Après l’assassinat de Rafic Hariri, ils s’étaient fait tout petits, voilà maintenant qu’ils reprennent du poil de la bête, gonflent leurs biceps et menacent leurs contempteurs des pires calamités.
Qui sont-ils ? Voyons ! Il ne faut pas chercher bien loin. Qui est passé maître, des années durant, dans l’art de la désinformation, dans la pratique, parfaitement huilée, de la langue de bois ? Qui a toujours tiré fierté des directives « fraternelles » qui lui parvenaient d’au-delà les frontières ? Le « la » leur a été délivré à...