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Juifs et Arabes protestent contre le tracé unilatéral des frontières

«Je suis venu à Bilin, car je sais qu’il y a moins de victimes palestiniennes lorsque des juifs sont là », affirme Jonathan Sivin qui manifeste dans ce village palestinien en Cisjordanie contre l’édification par Israël de la « barrière de sécurité ». Les vendredis à Bilin sont jours de manifestations. Mais elles ont pris un tour beaucoup plus dramatique depuis la victoire aux législatives d’Ehud Olmert qui ambitionne de transformer cette barrière en frontière orientale d’Israël. Pour les Palestiniens, la barrière, qu’ils appellent le « mur de l’apartheid », est le gage de conflits futurs. Une conception partagée par 300 manifestants, des pacifistes israéliens ou étrangers et des villageois palestiniens. « Les projets d’Olmert signifient qu’il n’y aura pas de paix dans ce pays (...). Nous n’accepterons pas qu’ils (les Israéliens) nous tuent avec leurs armes, en nous affamant ou en nous privant de travail », affirme Yussef Karaja, un manifestant. Lorsqu’elle sera achevée, la barrière s’étirera sur 670 km et englobera de 8 à 10 % des terres palestiniennes de Cisjordanie et Jérusalem-Est. Quelque 49 400 Palestiniens de 48 villages se retrouveront par ailleurs du côté israélien de la barrière. Selon Israël, cet ouvrage est érigé pour empêcher des infiltrations de kamikazes palestiniens à travers la « ligne verte », qui démarquait son territoire de la Cisjordanie avant l’occupation de cette région en juin 1967. « L’unique objectif de cette barrière de sécurité planifiée en 2001 (...) est la sécurité. C’est notre réponse aux commandos-suicide qui veulent pénétrer en Israël », affirme l’armée israélienne citée dans un récent rapport de l’ONU. Dans un avis non contraignant rendu le 9 juillet 2004, la Cour internationale de justice (CIJ) a toutefois jugé illégale la construction de cette barrière et exigé son démantèlement, tout comme l’a fait ensuite l’Assemblée générale de l’ONU. À présent, M. Olmert a promis de fixer d’ici à 2010 la frontière orientale d’Israël, et d’agir le cas échéant unilatéralement, faute de partenaire palestinien. Pour Alexandre, un manifestant suisse âgé de 30 ans, les dirigeants israéliens utilisent le prétexte sécuritaire pour voler des terres arabes. « Ils ne veulent pas d’une solution au conflit, car ils en vivent (...). Le conflit s’achèvera uniquement en accord avec les Palestiniens », dit-il. Autour de lui, les manifestants, qui brandissent des drapeaux palestiniens et des branches d’olivier face aux policiers israéliens protégeant l’ouvrage, répètent un même slogan : « Le “mur” doit tomber. » « Quittez les lieux, il s’agit d’une zone militaire », leur répond la police. « La seule solution, c’est deux États (Israël et la Palestine). Il faut revenir aux frontières de 1967, sans voler la terre arabe », affirme Louise, 26 ans, une manifestante originaire de Tel-Aviv. Pour Waji, un manifestant palestinien, « Israéliens et Palestiniens planifient toujours séparément des projets différents (...). Nous voulons vivre en paix, et eux (les Israéliens) veulent nous expulser et créer des colonies sur nos terres. » Partout aux alentours, l’épaisse fumée des gaz lacrymogènes se répand, tandis que sifflent les balles caoutchoutées et les jets de pierres, au milieu des sirènes des ambulances du Croissant-Rouge, prêtes à évacuer les blessés. Charles Onians (AFP)
«Je suis venu à Bilin, car je sais qu’il y a moins de victimes palestiniennes lorsque des juifs sont là », affirme Jonathan Sivin qui manifeste dans ce village palestinien en Cisjordanie contre l’édification par Israël de la « barrière de sécurité ». Les vendredis à Bilin sont jours de manifestations. Mais elles ont pris un tour beaucoup plus dramatique depuis la victoire aux législatives d’Ehud Olmert qui ambitionne de transformer cette barrière en frontière orientale d’Israël.
Pour les Palestiniens, la barrière, qu’ils appellent le « mur de l’apartheid », est le gage de conflits futurs. Une conception partagée par 300 manifestants, des pacifistes israéliens ou étrangers et des villageois palestiniens. « Les projets d’Olmert signifient qu’il n’y aura pas de paix dans ce pays (...). Nous...