Cette semaine, dans notre sélection DVD, Zabou Breitman est à l’affiche de Le parfum de la dame en noir. En 2003, l’actrice réalisait Se souvenir des belles choses et recevait pour son travail le César de la meilleure première œuvre. Il y a vingt ans, la réalisatrice se prénommait tout simplement Zabou et assistait Dorothée dans le programme jeunesse Récré A2 sur feue Antenne 2 (aujourd’hui France 2). Plus sérieuse, elle appose désormais son nom de famille. Et elle n’est pas la seule à faire cela. Pseudo, prénom tout court, anagrammes, noms de famille empruntés, les artistes ont souvent recours à ce genre de méthode pour se « faire un nom ». Souvent, le pseudonyme reste en mémoire et sera utilisé à vie. Parfois, le nom originel reprendra le dessus. L’exemple le plus frappant en ce moment est le film Jean-Philippe avec Johnny Hallyday et Fabrice Lucchini. Jean-Philippe c’est le prénom de Johnny. Son patronyme, c’est, paraît-il, celui de son beau-père d’origine américaine. Ses enfants, aujourd’hui artistes à leur tour, ont choisi deux voies différentes. David a gardé le pseudo de son papa, quant à Laura elle s’appelle Smet. Mais Johnny restera toujours Johnny, tout comme Yolanda Gigliotti, dite Dalida. Idem pour Dorothée qui, pour les enfants, sonne bien mieux que Frédérique Hoschedé. Il y a une pléiade d’artistes qui se cachent derrière un pseudonyme. Bénabar (Bruno Nicolini) qui a choisi de porter comme nom de scène l’anagramme de Barnabé, 50 Cent (Curtis Jackson, c’est plus banal), Daniel Cohen, alias Dany Brillant, Diam’s qui s’appelle en fait Mélanie Georgiades parce qu’elle est chypriote, tout comme George Michael qui, au départ, se prénomme Georgios Krylacos Panayiotou, ce qui est bien moins glam pour séduire les jeunes ados des années 80. Un choix que l’on comprend quand on a envie que son nom sonne plus… vedette. Parfois les choix sont assez surprenants, puisque, au final, ça ne change pas grand-chose. Exemple, Lucien Voulzy c’est kif-kif bouriccot avec Laurent, comme un autre Lucien célèbre, Serge Gainsbourg. Il a d’ailleurs appelé le fils qu’il a eu avec Bambou, comme lui : Lucien, dit Lulu. Karen Chéryl, elle n’a pas voulu continuer avec ce pseudo américanisé. Elle se fait appeler aujourd’hui Isabelle Morisset. Animatrice sur Europe 1, elle a repris son prénom de jeune fille et préfère le patronyme de son mari, PDG de ladite radio. Dave, qui sort un nouvel album, a fait une première étape dans son retour aux sources. Maintenant c’est Dave Levenbach. À quand le véritable nom en entier ? Wouter Otto Levenbach… Allez, des pseudos il y en a toujours eu, en musique, au cinéma comme en littérature. Romain Gary/Émile Ajar est le plus grand « canular littéraire » de l’histoire. On enlève son nom de famille, parce que c’est plus simple, comme Renaud, Calogéro, Prince, on prend son deuxième prénom comme Madonna, on « initialise » son nom de famille, comme Arthur H (Higelin) ou M (Mathieu Chédid), deux fils de, on regroupe ses initiales comme Eminem (M and M pour Marshall Mathers), ou alors on change complètement comme Isabelle Truchis De Varenne, alias Zazie, Gilles Duarte, alias Stomy Bugsy, Gordon Matthew Sumner devenu Sting, Bob Dylan, pseudonyme du chanteur américain David Zimmerman, etc., etc. Un bien joli exercice que les auteurs ont réussi mieux que quiconque. Vernon Sullivan, Bison Ravi (anagramme !), pseudonymes de Boris Vian, Voltaire, pseudonyme de François-Marie Arouet et, bien sûr, Molière, pseudonyme de Jean-Baptiste Poquelin.
PAR MÉDÉA AZOURI HABIB
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