La Bourse de Beyrouth est restée sur la mauvaise pente, plombée par la poursuite des ventes bénéficiaires sur Solidere et Holcim notamment. Les inquiétudes liées à une crise de pouvoir au Liban, après les échanges d’accusations entre le chef de l’État et le Premier ministre, au sujet de la résistance au Liban, et qui risquent d’avoir un impact négatif sur le climat d’investissement, semblent expliquer ce mouvement qui s’est accompagné hier d’une activité relativement étoffée. Pourtant, les bons offices déjà engagés à plusieurs niveaux pour éviter tout débordement du conflit ont atténué les pressions exercées sur le marché boursier qui est parvenu à réduire sensiblement ses pertes grâce à la hausse de certaines valeurs bancaires. D’un côté, les actions A et B de Solidere ont reperdu 0,46 % et 0,37 % respectivement ainsi que le cimentier Holcim (- 0,74 %) et les certificats GDR de la BLOM Bank (-0,56 %). Mais, d’un autre côté, ces baisses ont été contrebalancées par les gains enregistrés par les actions ordinaires (+1,1 %) et prioritaires (+2,39 %) de la Byblos Bank et les certificats GDR de la Banque Audi (+0,58 %).
En effet, l’indice BLOM des valeurs libanaises n’a abandonné finalement que 0,40 point à 1 558,84 points, dans des échanges portant sur 531 963 titres d’une valeur de 10 198 639 $, dont 446 633 actions A et B de Solidere d’une valeur de 9 555 830 $, contre 139 925 titres d’une valeur de 2 725 395 $, dont 90 220 actions A et B de Solidere d’une valeur de 1 920 849 $, la veille.
Les Bourses européennes sont reparties à la hausse hier grâce à un rebond des sociétés de services aux collectivités, de la distribution et des télécoms. Le relèvement par Lehman Brothers de son objectif de cours sur les actions d’EDF a soutenu les distributeurs de l’énergie. Il en est de même du relèvement par Morgan Stanley de sa recommandation sur Carrefour par rapport aux grands magasins. Le relèvement par Nokia de sa prévision de croissance du marché mondial des téléphones mobiles pour 2006 de 10 % à 15 % a été d’un grand appui à toutes les autres sociétés du secteur.
La Bourse de New York était mitigée hier, le Dow Jones cédant 0,58 % et le Nasdaq prenant 0,13 %. L’approche de la fin du trimestre et de ses habituels ajustements de portefeuilles n’a guère soutenu la cote, indique-t-on dans les salles de marché, non plus la révision en hausse du PIB américain au 4e trimestre 2005 (voir par ailleurs). Le recul de 10 000 du nombre des demandeurs d’allocations chômage aux États-Unis la semaine dernière, témoignant de plusieurs créations d’emplois non agricoles, n’a eu aucun impact positif sur la tendance.
L’euro dépasse 1,21 $
Sur les marchés des changes, l’euro a dépassé le seuil de 1,21 $ hier face à un billet vert sous pression contre l’ensemble des devises. Les opérateurs paraissaient plutôt d’humeur à vendre le dollar malgré la publication de statistiques américaines en sa faveur. Les anticipations de hausse des taux en zone euro à plus de 3 % d’ici à fin 2006 semblent expliquer ce regain d’intérêt pour la monnaie européenne, dans la mesure où ce phénomène est censé réduire davantage le différentiel de taux entre les États-Unis et la zone euro aux dépens du dollar.
Élie KAHWAGI
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