FRANZ FERDINAND, PLACEBO, JANE BIRKIN
Monsieur Gainsbourg Revisited
Cela fait un sacré moment qu’on l’attend cet album hommage. La rumeur court depuis quelques années déjà et, même mis en boîte, ce Mister Gainsbourg Revisited s’est fait attendre. Le voilà enfin. Et comme le hasard fait souvent bien les choses, ce petit bijou de quatorze des chansons du grand Serge en anglais sort en même temps que la commémoration des quinze ans de sa mort. Les artistes les plus tendances du moment revisitent Gainsbourg dans la langue de Shakespeare, de Placebo à Marianne Faithfull, en passant par Carla Bruni, Cat Power ou Franz Ferdinand. La crème de la crème, c’était la moindre des choses. L’album est sublime, peut-être qu’enfin celui qui avait été censuré par la BBC à Londres sera reconnu à sa juste valeur de l’autre côté de la Manche, voire même de l’Atlantique !
ANAÏS
The Cheap Show
Ce premier album live autoproduit (jusqu’en novembre dernier, la chanteuse n’avait pas de maison de disques) puis décliné en deux versions, succès oblige, permet de découvrir une artiste très différente de ce qu’on entend en ce moment. Ce n’est pas du Linda Lemay, loin de là, c’est du Anaïs, une femme-orchestre de trente ans qui n’a ni froid aux yeux, ni les mots dans sa poche. Guitare en main et « pédale-sampleur » au pied, Anaïs se confectionne un univers en quelques secondes et invente des personnages dont elle raconte et chante les déboires. Ses histoires sont drôles et témoignent avec beaucoup de pertinence des états d’âme de la génération à laquelle elle appartient. C’est son single Mon cœur, mon amour, également interprété aux Victoires de la musique, qui a fait connaître cette chanteuse hors normes.
BEN HARPER
Both Sides of the Gun
Précédé du single Better Way (c’est le procédé du moment), Both Sides of the Gun est le premier album de Ben Harper depuis trois ans, depuis Diamonds on the Inside. Mais ce fan des deux grands Bob, Marley et Dylan, n’a pas chômé. Ce nouvel opus est un double CD : le premier disque réunit les chansons les plus rythmées et le second les plus douces. Huitième album que certains considèrent comme celui de la maturité (l’adjectif est réducteur), il n’en reste pas moins le plus beau et le plus abouti. Le chanteur-guitariste californien a produit l’album et joué la plupart des instruments sur une grande majorité de morceaux. Quand on écoute Black Rain, composé quelques heures à peine après le passage de l’ouragan Katrina, on comprend le monde de Ben Harper qui apparaît, comme jamais, investi d’une mission. À écouter de toute urgence.
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