Un baroud d’honneur ? Un défi à toutes les composantes de la majorité ? Une lamentable, affligeante méconnaissance des réalités politiques ? Tout cela à la fois, mais surtout une désastreuse performance télévisée, une arrogance perverse qui porte atteinte, une nouvelle fois, à la fonction présidentielle.
Samedi soir, les Libanais avaient espéré une « heureuse surprise », celle qu’avait appelée de ses vœux, la veille, Fouad Siniora ; ils ont eu droit à un opéra-bouffe agrémenté de piques hargneuses, un spectacle ubuesque où le roi exhibitionniste était véritablement nu…
Un programme d’avenir ? Nenni. Une charpente de visionnaire ? Re-nenni. Juste une fleur (mais la ficelle est grosse), une gigantesque fleur au Hezbollah qu’il veut maintenir armé jusqu’aux dents en attendant la libération du dernier pouce de territoire arabe occupé et le retour du dernier Palestinien dans sa patrie… Le Hezbollah n’en demandait pas tant, mais il est parfois des amours envahissantes qu’il est difficile de juguler !
Tout cela, toute cette plaidoirie présidentielle pour aboutir au leitmotiv sans cesse ressassé : « J’y suis, j’y reste. » Et l’autosatisfecit suprême : « Monsieur mains propres c’est moi », tous les autres, excepté Michel Aoun, sont des pourris, des vendus ! Un farfouillage jubilatoire dans les poubelles de l’histoire, une danse du scalp dans un cirque déserté, un coup d’épée dans l’eau…
Dans deux jours, le dialogue reprendra place de l’Étoile. On n’y discutera pas du sexe des anges, on n’y perdra pas un temps fou à ergoter sur des détails secondaires. Il y a aujourd’hui urgence, il y a « crise de pouvoir » pour reprendre les propres termes de Nabih Berry. Et « crise de pouvoir », n’en déplaise au locataire de Baabda, signifie crise au plus haut échelon de l’État. En s’arc-boutant à son siège, en perpétuant l’ostracisme qui pénalise la première magistrature, le président crée une situation de vacance, de vide qu’il est impératif de combler au plus vite.
Les « grandes manœuvres » entreprises au cours de la semaine écoulée ont-elles abouti à des dénominateurs communs ? Ont-elles déblayé le chemin au choix du successeur, une corbeille de deux, trois ou quatre noms d’où émergerait l’heureux élu ?
La balle, aujourd’hui, est surtout dans le camp du Hezbollah et de celui de Michel Aoun. De leur attitude dépendra largement la suite des événements : maintien du statu quo ou déblocage rapide, poursuite des tergiversations et donc du pourrissement ou basculement radical qui permettra de trancher dans le vif.
Des garanties peuvent être données, des assurances fournies et une unanimité rapidement se mettre en place. Ménager les susceptibilités des uns, calmer les ardeurs des autres, ouvrir la voie aux compromis, dégager des sorties honorables. C’est entre les lignes qu’il faut désormais lire les discours et c’est des deux oreilles qu’il faut écouter les acrobaties du verbe auxquelles se livrent nos fins politiciens.
Il reste qu’il est parfois des hommages qui sont comme autant de flèches acérées, des dithyrambes qui sont comme autant de gouttelettes empoisonnées. Il en est ainsi des compliments dont Lahoud accable Michel Aoun quotidiennement. Dans la course effrénée à la présidentielle, le Général, si je ne m’abuse, s’en passerait bien.
Mais la politique a ses raisons que le cœur ignore
superbement…
Nagib AOUN
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un baroud d’honneur ? Un défi à toutes les composantes de la majorité ? Une lamentable, affligeante méconnaissance des réalités politiques ? Tout cela à la fois, mais surtout une désastreuse performance télévisée, une arrogance perverse qui porte atteinte, une nouvelle fois, à la fonction présidentielle.
Samedi soir, les Libanais avaient espéré une « heureuse surprise », celle qu’avait appelée de ses vœux, la veille, Fouad Siniora ; ils ont eu droit à un opéra-bouffe agrémenté de piques hargneuses, un spectacle ubuesque où le roi exhibitionniste était véritablement nu…
Un programme d’avenir ? Nenni. Une charpente de visionnaire ? Re-nenni. Juste une fleur (mais la ficelle est grosse), une gigantesque fleur au Hezbollah qu’il veut maintenir armé jusqu’aux dents en attendant la libération du...