Le yen se raffermira sensiblement lors de l’abandon par la Banque du Japon (BoJ) de sa politique monétaire ultraconciliante, mais l’accélération sera de courte durée, prédisent les analystes.
Sur 45 grands gérants de portefeuilles interrogés par la banque d’investissement américaine Merrill Lynch, 67 % pronostiquent que le yen se revalorisera après le resserrement monétaire, qui pourrait avoir lieu demain.
Mais la véritable épreuve du feu pour la devise japonaise sera la hausse des taux d’intérêt, laquelle n’est pas attendue avant fin 2006, voire 2007, soulignent les économistes.
La semaine dernière, le dollar avait atteint son plancher depuis un mois à 115,45 yens, en raison des perspectives grandissantes d’abandon de la politique monétaire en vigueur depuis mars 2001 au Japon, qui consiste à inonder généreusement les banques de liquidités à taux zéro.
Encouragée par la reprise à la hausse des prix à la consommation, la Banque du Japon (BoJ) pourrait prendre cette décision à l’issue de la prochaine réunion de son comité de politique monétaire, aujourd’hui et demain.
Cependant, le billet vert est récemment remonté au-dessus des 117 yens, les cambistes commençant à se demander si cet événement aura beaucoup d’impact.
« Le yen pourrait être recherché après l’annonce de la fin de la politique monétaire ultrasouple. Mais les achats seront limités, étant donné que le marché a déjà largement pris en compte ce facteur », explique Yuji Kameoka, économiste à l’Institut de recherche Daiwa.
« Le marché des changes est mû par les différences de taux d’intérêt entre les zones économiques, pas seulement par les mouvements d’un seul pays en matière de politique monétaire », remarque-t-il.
Les analystes estiment également que tout report, par la Banque centrale nippone, de sa décision de commencer à réduire son offre de liquidités aura un impact négatif sur la devise japonaise.
« Faute de changement de politique monétaire, le dollar pourrait être poussé au-dessus des 118 yens, même si les gains seraient là encore de courte durée », estime Daisaku Ueno, économiste chez Nomura Securities.
Pendant des années, les spéculateurs ont emprunté des fonds au Japon, où les taux d’intérêt sont nuls, pour les investir dans des actifs à plus haut rendement, comme l’or, le pétrole et les bons du Trésor américains. Une stratégie connue sous le nom de « mises sur l’écart » ou « carry trades ».
En 2005, le dollar a ainsi augmenté de 13 % par rapport au yen, les investisseurs se ruant aux États-Unis à la recherche de rentabilités élevées.
La perspective d’une hausse des taux au Japon peut inciter les spéculateurs à revenir en arrière et à racheter des yens. Ce phénomène est perçu comme étant partiellement à l’origine de la récente hausse du yen face au dollar. Le mouvement devrait cependant rester timide pour le moment.
En effet, la Réserve fédérale américaine a relevé son principal taux directeur (Fed Funds) 14 fois d’affilée jusqu’à 4,50 %, et pourrait avoir encore au moins un resserrement dans sa manche.
Quant à la Banque centrale européenne, elle vient de relever son taux pour la deuxième fois en trois mois, à 2,50 %, tout en se déclarant prête à l’augmenter encore si nécessaire.
Alors que, de son côté, la BoJ a promis de maintenir les taux à zéro pendant encore des mois.
L’écart entre le Japon, les États-Unis et la zone euro devrait donc être préservé, ce qui maintiendra le yen à un bas niveau, relèvent les analystes.
« Même si la BoJ met fin à sa politique monétaire en mars, la réaction initiale d’achat de yens sera faible. L’historique de la relation yen-dollar montre que c’est au contraire le dollar qui monte quand la BoJ relève ses taux », note Tohru Sasaki, stratège à la banque JPMorgan Chase. « Sur le long terme, je ne pense pas que la politique monétaire de la BoJ ait beaucoup d’influence sur le cours du yen par rapport au dollar », en déduit-il.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le yen se raffermira sensiblement lors de l’abandon par la Banque du Japon (BoJ) de sa politique monétaire ultraconciliante, mais l’accélération sera de courte durée, prédisent les analystes.
Sur 45 grands gérants de portefeuilles interrogés par la banque d’investissement américaine Merrill Lynch, 67 % pronostiquent que le yen se revalorisera après le resserrement monétaire, qui pourrait avoir lieu demain.
Mais la véritable épreuve du feu pour la devise japonaise sera la hausse des taux d’intérêt, laquelle n’est pas attendue avant fin 2006, voire 2007, soulignent les économistes.
La semaine dernière, le dollar avait atteint son plancher depuis un mois à 115,45 yens, en raison des perspectives grandissantes d’abandon de la politique monétaire en vigueur depuis mars 2001 au Japon, qui consiste à inonder...