Il est vrai que, pour donner les meilleures chances au dialogue national en cours, mieux vaut éviter de trop en dire. C’est dans un cadre privé, à l’abri des regards, et loin des pressions découlant de la nécessité de « paraître », que les liens se tissent et se resserrent, que les langues se délient, loin du double langage. En ce sens, la consigne imposée aux différents leaders de ne rien dire sur le contenu de la réunion est, sur le plan du principe, irréprochable. Tout cela, nous en convenons.
Suivant cette logique, la conférence nationale de dialogue aurait dû se dérouler dans un endroit parfaitement isolé, propice à la méditation et à la réflexion, dans un lieu paisible, loin de l’effervescence de la cité et sans invitations adressées aux… journalistes. L’objectif recherché par les organisateurs était probablement de mettre en place une dynamique de groupe réelle, de créer les conditions de sérénité, le climat du dialogue. C’est d’ailleurs le contexte que Nabih Berry a essayé de créer, en bouclant le périmètre du centre-ville de la capitale. C’est très bien, d’autant que l’événement est exceptionnel. Mais le problème n’est pas là.
Que l’intérêt national passe au-dessus de toute autre considération, surtout quand l’événement est de cette ampleur, est tout à fait légitime. Que les circonstances sécuritaires imposent des mesures particulières pour protéger les mandatés au dialogue est tout à fait souhaité et nécessaire. Mais cela n’explique pas pourquoi les médias ont été invités à couvrir la conférence de dialogue et accrédités pour le faire, alors même que leur couverture en question s’est limitée à une quasi-incarcération dans la bibliothèque du Parlement durant quatre heures d’affilée... À quelques pas de l’événement, et en même temps dans un autre monde, fort déplaisant au demeurant, puisque fait d’ennui et de désordre inutile... Résultat, ni les journalistes n’ont pu faire leur travail ni les photographes prendre leurs clichés. Seuls les cameramen ont eu l’immense privilège de filmer la réunion durant quelques instants.
La prochaine fois, le mieux serait de se dispenser de la présence des journalistes, qui était particulièrement indésirable. Cela se sentait clairement. Jusqu’au jour où le Liban atteindra ce degré d’organisation (et de civisme) qui permettrait de concilier la mission publique des journalistes avec l’intérêt national et les impératifs du succès d’une telle conférence, sans que cela ne sabote d’une quelconque manière ni le travail de l’un ni les résultats de l’autre. Il y a sur ce plan encore beaucoup de chemin à parcourir.
M.H.G.
Il est vrai que, pour donner les meilleures chances au dialogue national en cours, mieux vaut éviter de trop en dire. C’est dans un cadre privé, à l’abri des regards, et loin des pressions découlant de la nécessité de « paraître », que les liens se tissent et se resserrent, que les langues se délient, loin du double langage. En ce sens, la consigne imposée aux différents leaders de ne rien dire sur le contenu de la réunion est, sur le plan du principe, irréprochable. Tout cela, nous en convenons.
Suivant cette logique, la conférence nationale de dialogue aurait dû se dérouler dans un endroit parfaitement isolé, propice à la méditation et à la réflexion, dans un lieu paisible, loin de l’effervescence de la cité et sans invitations adressées aux… journalistes. L’objectif recherché par les organisateurs...
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