Combien de fois vous êtes-vous dit en votre for intérieur, « Mon Dieu le goût de mon fils », « Ma mère, quelle ringarde ! » ou encore « C’est quoi ça le rap et la techno », « Fiuu Alain Barrière, il est encore vivant lui ? »… Éternel conflit des générations. Philippe Aractingi l’a bien traité dans son premier long métrage en confrontant un père et son fils, une fille incomprise de sa mère, mais surtout la dabké traditionnelle à celle plus moderne, revisitée version techno par les jeunes protagonistes du film. Partout dans le monde, ce conflit existe et il se manifeste souvent à travers les goûts musicaux. Oum Kalsoum versus Haïfa Wehbé. Abdel Halim Hafez ou Wael Kfoury ? On comprend souvent mieux ses parents que le contraire.
Il est plus facile d’apprécier les Beatles ou Elvis, quand on est jeune, car ils sont devenus des références en matière de chanson, que de saisir l’essence de la musique d’Eminem ou celle de Placebo quand on est quinquagénaire. Mais quand on réfléchit bien, si les jeunes d’hier (soit les parents d’aujourd’hui) aimaient tant Elvis Presley, les Beatles qui ont fait une petite escale via Beyrouth (à l’aéroport) dans le cadre de leur tournée asiatique, Jerry Lee Lewis, Janis Joplin ou les Rolling Stones, c’est parce que c’était des rebelles à cette époque-là, à l’instar d’un 50 Cent ou d’un Brian Molko, d’un Pete Doherty ou des AS Dragon de maintenant.
Ah ! notre progéniture, ses goûts, ses couleurs. Ah ! nos aïeuls, leurs idoles… mais tout se rejoint. On trouve de tout dans tout. Alain Barrière vient de sortir un double CD best of. Les mamans libanaises vont être ravies. Mais la chanson française des années soixante, qui plaît à la génération des 50-60 ans, ne se limite pas à Alain Barrière ou Richard Anthony ! À l’époque, il y avait aussi et surtout Michel Polnareff qui, il faut avouer, est de loin, de très loin, bien meilleur que Pascal Obispo. Il y avait Stevie Wonder, Aretha Franklin, Wilson Pickett (décédé il y a quelques semaines), Ray Charles, Otis Reding et bien d’autres stars du rhythm and blues… rien à comparer avec les petits chanteurs de R’n’B du moment, comme M. Pokora et même Mariah Carey ou Nadiya ! Rien à comparer… Mais attention, la nostalgie n’a pas que du bon. Il y a d’excellents groupes et artistes, aujourd’hui, à faire découvrir aux autres générations. Parce que la musique de ce début de troisième millénaire ne se limite pas à des « trucs qui font beaucoup de bruit », dixit ma tante. Oui, il y a d’excellents « trucs » qui ont été faits, mis à part Madonna et Michael Jackson, plus connus par les sexagénaires que les White Stripes. U2, Bowie (ok c’est déjà plus vieux), Eminem, Police et Sting et, plus récemment, les Fugees (ensemble ou seuls), Coldplay, Manu Chao, Raphaël, Bénabar, Benjamin Biolay, Keren Ann, Norah Jones, Björk, Placebo, Robbie Williams… et bien d’autres encore. Adamo, Frank Alamo, Sylvie Vartan, Sheila sont aux sixties ce que Corneille, Chimène Badi et Thomas Fersen sont aux « millies »… Des artistes qui auront la vie longue ou qui feront un passage éclair sur la planète musique. Toujours est-il que ça ne fera de mal à personne d’écouter en boucle Eminem et ensuite Adamo.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Combien de fois vous êtes-vous dit en votre for intérieur, « Mon Dieu le goût de mon fils », « Ma mère, quelle ringarde ! » ou encore « C’est quoi ça le rap et la techno », « Fiuu Alain Barrière, il est encore vivant lui ? »… Éternel conflit des générations. Philippe Aractingi l’a bien traité dans son premier long métrage en confrontant un père et son fils, une fille incomprise de sa mère, mais surtout la dabké traditionnelle à celle plus moderne, revisitée version techno par les jeunes protagonistes du film. Partout dans le monde, ce conflit existe et il se manifeste souvent à travers les goûts musicaux. Oum Kalsoum versus Haïfa Wehbé. Abdel Halim Hafez ou Wael Kfoury ? On comprend souvent mieux ses parents que le contraire.
Il est plus facile d’apprécier les Beatles ou Elvis, quand on est jeune,...