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Actualités - Opinion

CITOYEN GROGNON Rêves féministes

Une personne irresponsable, une citoyenne de seconde catégorie. Voilà comment est considérée la femme libanaise en 2006. L’égale de l’homme ? Elle peut rêver de le devenir. Mais ce rêve restera inaccessible tant que la gent masculine au pouvoir mais aussi les instances communautaires et religieuses continueront de tenir ses droits en otage. Alors la femme libanaise emprunte des chemins détournés et se résigne à quémander ses droits au compte-gouttes. Comme elle l’a toujours fait jusque-là. Pire. Pour pouvoir transmettre la nationalité libanaise à ses enfants, elle est prête à faire davantage de concessions : elle accepte carrément de ne pas donner la nationalité à son époux étranger, pourvu que ses petits chérubins deviennent, eux, libanais. Pas de quoi être fières de nos ONG féminines qui n’ont jamais été capables d’unifier leurs objectifs : depuis la disparition de Laure Moghaïzel, militante acharnée pour les droits de la femme, en 1997, les choses n’ont pas vraiment changé. Seule la circonstance absolutoire réservée à l’homme qui a commis un crime d’honneur est transformée, en 1999, en circonstance atténuante. Mais depuis, c’est le vide absolu. Dans sa vie privée, dans ses droits sur ses enfants, dans ses droits à la succession, dans son mariage ou son divorce, et même dans sa vie professionnelle, la femme continue d’être victime de discrimination. Oserait-elle se plaindre de sa condition, qu’elle recevrait une flopée de commentaires désobligeants de la part de ses compatriotes masculins. Paradoxalement, elle poursuit son ascension sociale et professionnelle avec détermination. À la fois épouse, mère, femme d’intérieur et de carrière, elle jongle entre ses tâches avec doigté et contribue avec efficacité à la vie économique du pays, traitant d’égal à égal avec les hommes, sans toutefois se départir de sa féminité. Est-il besoin de rappeler le rôle de la femme libanaise dans la libération du pays de l’envahisseur syrien ? Est-il nécessaire d’énumérer les nombreuses circonstances où elle a fait preuve de courage, d’ouverture, mais aussi d’intelligence ? Aujourd’hui, la femme libanaise refuse d’exister uniquement à travers un père, un frère ou un époux, même si les hommes politiques continuent à se cacher derrière les lois communautaires pour maintenir le statu quo. Elle garde l’espoir d’obtenir un jour gain de cause. Mais qu’attend-elle donc pour se réveiller et exiger ses droits, au lieu de les quémander comme une mendiante ? Anne-Marie EL-HAGE
Une personne irresponsable, une citoyenne de seconde catégorie. Voilà comment est considérée la femme libanaise en 2006.
L’égale de l’homme ? Elle peut rêver de le devenir. Mais ce rêve restera inaccessible tant que la gent masculine au pouvoir mais aussi les instances communautaires et religieuses continueront de tenir ses droits en otage.
Alors la femme libanaise emprunte des chemins détournés et se résigne à quémander ses droits au compte-gouttes. Comme elle l’a toujours fait jusque-là.
Pire. Pour pouvoir transmettre la nationalité libanaise à ses enfants, elle est prête à faire davantage de concessions : elle accepte carrément de ne pas donner la nationalité à son époux étranger, pourvu que ses petits chérubins deviennent, eux, libanais.
Pas de quoi être fières de nos ONG féminines qui n’ont...