On croit rêver. Le secrétaire général du Hezbollah qui admet dans un document écrit la nécessité de dessiner les frontières avec la Syrie, qui mentionne à plusieurs reprises la charte des droits de l’homme, qui appelle les Libanais réfugiés en Israël à rentrer au pays, sans les qualifier de collaborateurs et qui appelle encore la Syrie à coopérer dans le dossier des détenus libanais chez elle, tout en réclamant un échange diplomatique entre Damas et Beyrouth, c’est presque du surréalisme. Et lorsque sayyed Nasrallah reconnaît le principe du désarmement de son parti, non pas dans le vague, mais sur base de conditions objectives et réalisables, on se pince pour y croire. À un journaliste qui lui a d’ailleurs demandé pourquoi il faisait toutes ces concessions, Nasrallah a répondu : « C’est une question de confiance. Le général a été franc avec moi et c’est une qualité que je respecte énormément. Si les autres m’avaient dit : “Nous prendrons tes armes dans un an ou dans deux”, j’aurais pu poursuivre le dialogue. Mais ils n’étaient pas clairs. »
De son côté, le général Michel Aoun a aussi fait d’importantes concessions, même si elles sont moins spectaculaires. Il accepte ainsi de soumettre le désarmement du Hezbollah à certaines conditions réalisables, mais pas dans l’immédiat. Il accepte aussi que les dossiers chauds soient traités à froid avec la Syrie, sans provocation ni tension rajoutée.
Mais le plus important dans ce document, qui mérite le qualificatif de national, est l’esprit de dialogue qui a permis son élaboration et son adoption.
Au fil des mois et des discussions sur chaque mot utilisé, les deux parties ont appris à se connaître et à se tester. Et le résultat est la preuve que des négociations entre deux parties que tout semblait séparer : de la religion, au passé, en passant par la vision politique internationale, peuvent parvenir à s’entendre, si chacune d’elles entame le dialogue avec bonne volonté. Cela change des appels habituels au dialogue où chaque partie ne pense qu’à imposer son opinion à l’autre. Le dialogue, le vrai, est tout autre. Il permet de nouer des liens de confiance et à partir de là, tout devient possible. Surtout le meilleur.
Scarlett HADDAD
On croit rêver. Le secrétaire général du Hezbollah qui admet dans un document écrit la nécessité de dessiner les frontières avec la Syrie, qui mentionne à plusieurs reprises la charte des droits de l’homme, qui appelle les Libanais réfugiés en Israël à rentrer au pays, sans les qualifier de collaborateurs et qui appelle encore la Syrie à coopérer dans le dossier des détenus libanais chez elle, tout en réclamant un échange diplomatique entre Damas et Beyrouth, c’est presque du surréalisme. Et lorsque sayyed Nasrallah reconnaît le principe du désarmement de son parti, non pas dans le vague, mais sur base de conditions objectives et réalisables, on se pince pour y croire. À un journaliste qui lui a d’ailleurs demandé pourquoi il faisait toutes ces concessions, Nasrallah a répondu : « C’est une question de...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
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