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L’UE défend la liberté de la presse

La Commission européenne et des députés de l’UE ont défendu hier la liberté de la presse dans l’affaire des caricatures de Mohammad publiées dans plusieurs journaux européens et se sont élevés contre les appels au boycottage de produits européens dans des pays musulmans. Le vice-président de l’Exécutif européen, Franco Frattini, a jugé « peu opportune » la publication de ces dessins, qui a suscité la fureur de plusieurs dirigeants arabes et des manifestations contre l’Union européenne. « Mais parmi les principes fondateurs de notre Europe figure également la liberté d’expression et par conséquent le droit de critiquer », a ajouté Frattini, qui estime que la satire en « fait partie » et « remplace les armes et la violence ». Même si l’on peut être choqué, cela ne peut « en aucune manière justifier les réactions auxquelles on assiste à l’encontre du Danemark et d’autres pays ou de l’Union européenne. Les violences, les chantages, les appels à boycotter les produits danois ou même à limiter la liberté de la presse, tout cela est totalement inacceptable », a-t-il poursuivi. Le Parlement européen commence lui aussi à réagir. Le député polonais Bronislaw Geremek, ancien ministre des Affaires étrangères de son pays, a estimé que son institution devait solennellement dire qu’elle n’accepte pas ce genre de manifestation et que l’Europe est solidaire. « L’Europe ne peut pas exister sans la liberté d’expression et sans la solidarité », a-t-il déclaré. « On n’accepte pas qu’un État membre puisse être puni pour la défense de la liberté d’expression ». « C’est un problème politique qui nous concerne », a renchéri l’UDF français Jean-Louis Bourlanges. De son côté, le ministre finlandais des Affaires étrangères Erkki Tuomioja a appelé hier les pays de l’Union européenne à condamner d’une seule voix les menaces proférées contre les ressortissants des pays où des caricatures du prophète Mohammad ont été publiées. Les réactions suscitées dans le monde musulman « sont parfaitement disproportionnées », a estimé M. Tuomioja qui évoque une « crise réelle ». À Londres, le porte-parole du Premier ministre britannique, Tony Blair, a affirmé hier en fin d’après-midi qu’il était « entièrement du ressort des médias de décider s’ils veulent ou non » publier les caricatures controversées du prophète Mohammad diffusées au départ par un quotidien danois. « C’est aux personnes concernées de se forger leur propre jugement quant à ce qui est légal ou ne l’est pas, ce n’est pas à nous de le faire », a-t-il précisé. Enfin, le Premier ministre danois, Anders Fogh Rasmussen, a déclaré qu’il était « profondément peiné » par le fait que les musulmans se soient sentis offensés, dans un entretien diffusé par la chaîne satellitaire al-Arabiya. « Je sais que cela n’était pas l’intention du journal, (qui) s’est excusé pour cela et j’espère que l’on pourra trouver une solution sur cette base », a ajouté le Premier ministre danois.
La Commission européenne et des députés de l’UE ont défendu hier la liberté de la presse dans l’affaire des caricatures de Mohammad publiées dans plusieurs journaux européens et se sont élevés contre les appels au boycottage de produits européens dans des pays musulmans.
Le vice-président de l’Exécutif européen, Franco Frattini, a jugé « peu opportune » la publication de ces dessins, qui a suscité la fureur de plusieurs dirigeants arabes et des manifestations contre l’Union européenne. « Mais parmi les principes fondateurs de notre Europe figure également la liberté d’expression et par conséquent le droit de critiquer », a ajouté Frattini, qui estime que la satire en « fait partie » et « remplace les armes et la violence ». Même si l’on peut être choqué, cela ne peut « en aucune manière...