La famille régnante au Koweït a déjà surmonté plusieurs crises graves au cours de ses 250 ans au pouvoir. À l’exception de l’unique événement sanglant ayant émaillé son histoire, lorsque le 6e émir, Mohammed al-Sabah, fut assassiné en 1896, la dynastie a toujours su assurer un transfert du pouvoir en douceur.
« Le transfert pacifique du pouvoir est une caractéristique fondamentale de la famille régnante au Koweït », soulignait l’analyste politique Ismaïl al-Chatti dans un long article publié dimanche dans le quotidien al-Watan. « À l’exception des violents événements qui ont accompagné l’accession au pouvoir de Moubarak al-Kabir (à la suite de l’assassinat de Mohammed al-Sabah), la succession s’est passée sans qu’une seule goutte de sang ne soit versée tout au long de l’histoire de la famille », ajoutait-il. Moubarak al-Kabir est considéré comme le fondateur du Koweït moderne.
Originaires du Najd, région qui fait actuellement partie de l’Arabie saoudite, les al-Sabah, une branche de la tribu arabe des Enezi, se seraient installés au Koweït il y a quelque 300 années. Cheikh Sabah Ier est devenu le premier émir du Koweït au début des années 1750. Pendant longtemps, les dirigeants des al-Sabah ont légué le trône au plus âgé de leurs descendants de sexe masculin, mais cette règle changea avec l’arrivée au pouvoir de Moubarak al-Kabir, en 1896. Mort en 1915, Moubarak limita l’accession au trône à ses propres descendants, et non plus à tous les membres de la dynastie. L’un de ses fils, Jaber, régna jusqu’en 1917. Son frère Salem lui succéda. Depuis sa mort, en 1921, seuls des descendants de sexe masculin de ces deux frères se sont succédé à la tête de l’émirat.
Pourtant, les descendants des trois autres fils de Moubarak – Hamad, Nasser et Abdallah – ont eux aussi le droit d’accéder au trône, d’après la Constitution koweïtienne. Le nombre des descendants de sexe masculin de Moubarak est actuellement estimé à quelque 400, sur les plus de 1 200 hommes que compte la famille al-Sabah.
En 1921, après une brève querelle de succession, la famille choisit comme émir Ahmed al-Jaber parmi trois candidats. Abdallah al-Salem, le père de l’actuel émir, cheikh Saad, lui succéda en 1950. Il est considéré par les Koweïtiens comme le père de la Constitution, promulguée en 1962, et de l’expérience démocratique koweïtienne. Cheikh Salem al-Sabah, qui lui succéda en 1965, dirigea le pays jusqu’à sa mort, le 31 décembre 1977, lorsque cheikh Jaber al-Ahmed al-Sabah devint le 13e émir.
Bien que l’émir soit seul habilité à nommer son prince héritier, cheikh Jaber avait demandé à la famille de choisir entre trois candidats, dont cheikh Saad et cheikh Sabah, qui s’affrontent aujourd’hui pour le pouvoir. La famille avait choisi Saad, qui avait ensuite été nommé Premier ministre, cumulant ces deux fonctions jusqu’en 2003, lorsque son état de santé amena cheikh Jaber à nommer cheikh Sabah à la tête du gouvernement.
Avant la découverte du pétrole, qui fit du Koweït un pays richissime, les membres de la famille régnante restaient à l’écart des affaires et se contentaient de gouverner l’émirat. Mais la manne pétrolière a amené nombre d’entre eux à se lancer dans les affaires, certains devenant même des magnats. La fortune de la famille régnante est estimée à des dizaines de milliards de dollars.
Omar HASSAN (AFP)
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« Le transfert pacifique du pouvoir est une caractéristique fondamentale de la famille régnante au Koweït », soulignait l’analyste politique Ismaïl al-Chatti dans un long article publié dimanche dans le quotidien al-Watan. « À l’exception des violents événements qui ont accompagné l’accession au pouvoir de Moubarak al-Kabir (à la suite de l’assassinat de Mohammed al-Sabah), la succession s’est passée sans qu’une seule goutte de sang ne soit versée tout au long de l’histoire de la famille...