Le mandat semestriel de la Finul, le dernier peut-être, va être renouvelé sous peu, à la lumière d’un rapport circonstanciel de Kofi Annan au Conseil de sécurité. Les autorités libanaises ont discuté de ce rapport avec Geir Pedersen, le représentant du secrétaire général, et avec le commandement de la Finul. Bien entendu, Beyrouth veut un renouvellement de routine, sans modification de mission ni réduction des effectifs. Mais l’ONU est bien obligée, pour sa part, d’établir un constat d’efficacité, de faire un bilan de présence. Et elle en conclut qu’il n’y a pas eu de progrès sur le terrain en termes de paix frontalière et de stabilité. Pour rappeler, toujours par obligation légale, la nécessité d’appliquer les résolutions internationales, dont plus spécifiquement la 1614 qui ordonne le déploiement exclusif de l’armée libanaise (et des autres forces régulières) le long de la ligne bleue, du côté libanais. Un texte qui ordonne donc l’éviction, sur le terrain, du Hezbollah. Ces thèmes sont évoqués par Roed-Larsen dans son dernier rapport sur la question du Sud.
Cependant, lors des récents contacts libano-onusiens, plusieurs propositions pour renforcer la coopération ont été avancées. Le but étant de renforcer le potentiel actif de surveillance et de contrôle des Casques bleus par un soutien de terrain plus accentué. Il a été décidé d’augmenter les effectifs libanais et d’organiser des patrouilles communes, tout en discutant avec le Hezbollah en vue qu’il fixe dans la mesure du possible ses positions sur le terrain dans la région. Ce qui revient à dire que ses éléments réduiraient leurs mouvements de circulation et se feraient moins apparents. Il a même été suggéré de s’inspirer du modèle suivi en Irlande. Là, l’IRA s’est mise d’accord avec les autorités britanniques pour disposer ses lignes derrière les positions avancées du contingent anglais. Autrement dit, le Hezbollah s’installerait derrière l’armée libanaise, au Sud. Une solution qui paraît plausible. Parce que ces derniers temps, le Hezbollah soutient qu’il n’est pas présent dans des positions avancées sur la frontière avec Israël. Il affirme même que ce sont les forces de l’État libanais qui sont devant.
Pour en revenir à la Finul, sa mission, selon l’alinéa 3 de la résolution 425, est de s’assurer que les forces israéliennes se sont retirées, puis de consolider la paix et la sécurité internationales, en aidant le gouvernement libanais à étendre son autorité effective sur la région. Pour la légalité internationale, la 425 a été complètement appliquée en mai de l’an 2000 avec le retrait israélien, suivi du tracé de la ligne bleue, qui doit être respectée de tous. Mais l’ONU permet le maintien de la Finul parce qu’à son avis, justifié, la paix et la sécurité internationales également prévues dans le texte cité n’ont toujours pas été établies à la frontière libano-israélienne. De plus, et surtout, le gouvernement libanais n’a toujours pas étendu son autorité exclusive, et effective, sur cette région de son territoire national. Mais, évidemment, vu du côté onusien, si ce gouvernement libanais continue à ne pas assumer ses responsabilités, la Finul ne saurait être maintenue sur place. Avec la meilleure indulgence possible, les six prochains mois devraient donc constituer un dernier délai de grâce. Et après, ou bien la 1614 aura été appliquée et la présence des Casques bleus ne serait plus nécessaire. Ou bien elle ne le serait pas. Et cette même présence ne pourrait plus être maintenue. Car elle prendrait le sens d’une caution, d’une prime, à une infraction délibérée de la loi internationale par l’État libanais.
Cependant, en pratique, il est fort possible que le prochain mandat ne soit pas le dernier, mais l’avant-dernier. Parce que au cas où la 1614 devait être appliquée dans les prochains mois, il faudrait encore du temps pour la conforter. Comme la 425 date du 19 mars 1978, bientôt 28 ans, on n’en est pas à quelques semaines près.
Émile KHOURY
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le mandat semestriel de la Finul, le dernier peut-être, va être renouvelé sous peu, à la lumière d’un rapport circonstanciel de Kofi Annan au Conseil de sécurité. Les autorités libanaises ont discuté de ce rapport avec Geir Pedersen, le représentant du secrétaire général, et avec le commandement de la Finul. Bien entendu, Beyrouth veut un renouvellement de routine, sans modification de mission ni réduction des effectifs. Mais l’ONU est bien obligée, pour sa part, d’établir un constat d’efficacité, de faire un bilan de présence. Et elle en conclut qu’il n’y a pas eu de progrès sur le terrain en termes de paix frontalière et de stabilité. Pour rappeler, toujours par obligation légale, la nécessité d’appliquer les résolutions internationales, dont plus spécifiquement la 1614 qui ordonne le...