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SCIENCE Un carnivore fossile dévoile les mystères du panda

Un carnivore fossile mis au jour en Espagne a ouvert la voie à une meilleure connaissance des pandas, avec lesquels il partage une particularité anatomique, un deuxième pouce, opposable aux autres doigts, révèle une équipe scientifique franco-espagnole. Ce prédateur de la taille d’un puma, vieux d’une dizaine de millions d’années, était déjà connu grâce à des crânes, mais le site de Batallones-1, près de Madrid, a livré des restes plus complets, notamment ceux de sa main à six doigts, précisent les chercheurs dans la dernière livraison des Comptes rendus de l’Académie des sciences des États-Unis. Le doigt supplémentaire, ou « faux pouce », formé par un os du carpe (l’os sésamoïde radial) hypertrophié est d’une importance vitale pour le célèbre panda géant et son petit semblable sans parenté directe, le panda rouge, qui l’utilisent pour attraper plus facilement les pousses de bambou dont ils se nourrissent. En l’observant, le paléontologue américain Stephen Jay Gould avait élaboré, il y a plus d’un quart de siècle, son concept de contingence dans l’évolution, c’est-à-dire une hypothèse selon laquelle la vie est soumise non pas à des transformations lentes et continuelles, comme l’imaginait Darwin, mais à des choix rapides et aléatoires. À ses yeux, avec leur faux pouce, les pandas étaient les détenteurs uniques de cette transformation. Le carnivore découvert en Espagne, Simocyon batalleri, fournit une vision différente, expliquent, les Espagnols Manuel Salesa, Mauricio Anton et Jorge Morales, du Musée national d’histoire naturelle de Madrid, et leur collègue français Stéphane Peigné, de l’Université de Poitiers. L’analyse de ces ossements a révélé que Simocyon était apparenté au panda rouge. Les scientifiques en déduisent que le sixième doigt de ce dernier est hérité d’un membre primitif de sa famille, adapté tout simplement à la vie dans les arbres. Chez le petit panda, l’utilisation du sixième doigt pour la manipulation d’aliments est donc apparue secondairement.

Un carnivore fossile mis au jour en Espagne a ouvert la voie à une meilleure connaissance des pandas, avec lesquels il partage une particularité anatomique, un deuxième pouce, opposable aux autres doigts, révèle une équipe scientifique franco-espagnole. Ce prédateur de la taille d’un puma, vieux d’une dizaine de millions d’années, était déjà connu grâce à des crânes, mais le site de Batallones-1, près de Madrid, a livré des restes plus complets, notamment ceux de sa main à six doigts, précisent les chercheurs dans la dernière livraison des Comptes rendus de l’Académie des sciences des États-Unis. Le doigt supplémentaire, ou « faux pouce », formé par un os du carpe (l’os sésamoïde radial) hypertrophié est d’une importance vitale pour le célèbre panda géant et son petit semblable sans parenté...