Les États-Unis sont confrontés à des choix difficiles avec la fin probable de l’ère Sharon pour poursuivre le processus de paix au Proche-Orient, mis à mal sur plusieurs fronts et présenté comme priorité de l’Administration Bush.
Selon les analystes, l’absence du Premier ministre israélien, Ariel Sharon, de la scène politique laisse Washington sans véritable partenaire israélien pour conclure des accords avec les Palestiniens et assombrit l’avenir du processus de paix, soutenu par les Américains.
Les experts se demandent même si l’Administration du président George W. Bush va continuer à s’investir dans la recherche de la paix si des changements politiques viennent sans cesse bouleverser les avancées.
La secrétaire d’État, Condoleezza Rice, s’est dit confiante hier sur l’implication du peuple israélien dans le processus de paix, que le Premier ministre Ariel Sharon a fait notablement progresser avec le retrait israélien de la bande de Gaza.
Mais un tel sentiment nécessite un responsable et il n’y a pas de successeur évident d’Ariel Sharon, proche du président américain Bush, note Tamara Wittes, analyste spécialiste du Moyen-Orient au Brookings Institution.
« Il est difficile de dire quel est le leader politique israélien qui (...) ait la confiance du public israélien pour prendre les décisions audacieuses et douloureuses afin d’avancer dans le processus de paix », a déclaré cette analyste.
La grave attaque cérébrale du Premier ministre israélien, Ariel Sharon, intervient à une étape délicate dans la région, avant la tenue d’élections législatives cruciales chez les Palestiniens le 25 janvier. Israël doit également voter le 28 mars pour renouveler son Parlement.
Des analystes s’interrogent sur l’opportunité pour les États-Unis de continuer à s’investir dans un processus qui subit sans cesse des revers.
« La question est de savoir jusqu’où Washington est prêt à s’investir pour faire revivre le processus diplomatique. Ou alors les Américains se contenteront-ils de rester de côté et de tenter de faciliter des mesures unilatérales », s’est demandé Scott Lasenksy, d’un groupe de réflexion, Institute of Peace, basé à Washington.
La plupart soulignent que la priorité immédiate pour les Américains est d’assurer le bon déroulement des élections palestiniennes et d’éviter l’ingérence des Israéliens dans ces élections.
Selon Wittes, « dans le court terme, Washington pourrait se mettre en retrait pour voir comment évolue la situation et laisser le processus politique israélien se gérer tout seul ».
Jon Alterman, directeur du programme pour le Moyen-Orient au centre de stratégie et d’études internationales, pense que Bush pourrait même ne plus s’impliquer dans des efforts de paix si Sharon n’est plus en course.
Selon lui, « les Israéliens devraient adopter une ligne plus dure face aux Palestiniens avec le départ de Sharon et ne plus être autant concernés par la recherche d’une solution visant à la création de deux États côte à côte ».
« Cela ne donne pas aux États-Unis une grande marge de manœuvre et je pense que le président Bush est plutôt à la recherche de succès et ne va pas s’investir dans des sujets très difficiles et dont l’issue est improbable », a-t-il ajouté.
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Selon les analystes, l’absence du Premier ministre israélien, Ariel Sharon, de la scène politique laisse Washington sans véritable partenaire israélien pour conclure des accords avec les Palestiniens et assombrit l’avenir du processus de paix, soutenu par les Américains.
Les experts se demandent même si l’Administration du président George W. Bush va continuer à s’investir dans la recherche de la paix si des changements politiques viennent sans cesse bouleverser les avancées.
La secrétaire d’État, Condoleezza Rice, s’est dit confiante hier sur l’implication du peuple...