Le raid de BASF sur le chimiste Engelhard, la plus grosse OPA hostile jamais lancée par un groupe européen sur un américain, confirme le nouvel appétit des groupes allemands pour les acquisitions à l’international après une longue période de disette.
BASF a annoncé mardi soir qu’il allait lancer une offre sur Engelhard à 37 dollars par action, valorisant au total le groupe américain à près de 4,9 milliards de dollars. Si elle réussit, il s’agirait de la plus grosse acquisition de l’histoire plus que centenaire du groupe allemand.
La transaction emblématique reste le rachat amical à l’automne de l’équipementier sportif américain Reebok par Adidas pour 3,1 milliards d’euros.
Mais les groupes allemands ont aussi été très actifs dans le secteur de la logistique, en pleine consolidation. La poste allemande a racheté le spécialiste britannique du colis postal Exel pour 5,5 milliards d’euros. La compagnie publique de chemins de fer Deutsche Bahn va reprendre quant à elle le groupe de livraison américain Bax Global pour 1,1 milliard de dollars.
Enfin, dans le transport maritime, le leader européen du tourisme, TUI, a racheté l’armateur canadien CP Ships pour 1,7 milliard d’euros.
Plusieurs raisons expliquent ce regain d’activité après une longue période de disette en 2000-2004.
« Les groupes allemands ont redressé la barre au niveau des résultats, via notamment des suppressions d’emplois. Parallèlement, ils ont vendu des actifs, ce qui leur a permis de se désendetter massivement ou de constituer de véritables trésors de guerre », fait valoir M. Heine.
Selon lui, le mouvement devrait se poursuivre, les poids lourds allemands disposant encore d’actifs importants, notamment dans l’immobilier, pour financer de grosses opérations.
Plusieurs groupes sont déjà à l’affût. Le numéro un allemand de l’énergie EON, qui dispose d’importantes réserves, a tenté récemment de racheter le britannique Scottish Power.
Le conglomérat industriel ThyssenKrupp est en pleine bataille boursière avec son concurrent européen Arcelor pour prendre le contrôle du premier sidérurgiste canadien, Dofasco, valorisé près de 3,6 milliards d’euros.
Après une phase de consolidation, Deutsche Telekom dit quant à lui vouloir repasser à l’offensive cette année.
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