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Actualités - Analyse

ANALYSE Légitime défense

Le consensus en Conseil des ministres s’impose sur les questions vitales, a convenu le Premier ministre, Fouad Siniora, qui a ajouté cependant que ce principe doit être respecté, dans les circonstances actuelles, mais « dans certaines limites ». Quelles sont ces limites ? Eh bien tout simplement celles de la légitime défense ; les limites de ce qu’il est nécessaire de faire pour que le Liban vive. Quand Gebran Tuéni a été assassiné, un seuil de consience était franchi. Fouad Siniora s’écriait : « Ce ne sont pas des hommes que visent ces attentats, mais la patrie. » Dix jours après, la vie politique s’enlise dans un débat fastidieux sur la majorité gouvernementale et parlementaire, par opposition à la majorité numérique, alors que le navire coule, alors qu’une population démoralisée se demande si ce pays est gouvernable et que des jeunes dégoûtés, abattus songent de nouveau au départ. Tout se passe comme si, une fois de plus, les assassins étaient sur le point de s’en tirer, en comptant sur le jeu politique interne pour enrayer tout processus pouvant conduire à leur demander des comptes. Sûrs de l’impunité, ils pourront donc choisir tranquillement leur prochaine cible. Il est grand temps de briser ce cercle vicieux, et tout indique que cette rupture est sur le point de se produire ; qu’une nouvelle phase politique commence. En haussant le ton, le Courant du futur, le PSP, les Forces libanaises ont clairement désigné la Syrie comme la partie présumée coupable des crimes qui sont commis dans le pays depuis le 1er octobre 2004, date de l’attentat manqué contre Marwan Hamadé. Ces accusations ne sont pas gratuites. Elles reposent sur une enquête internationale. Une enquête menée par un homme qui ne cache plus son intime conviction, mais qui doit respecter – et nous avec lui – un processus légal qui comprendra encore des méandres, et peut-être aussi, hélas, des compromis. Mais en attendant la sentence, allons-nous rester les bras croisés et nous soumettre au chantage et aux intimidations visant à nous empêcher de recourir à la communauté internationale ? Dans les cas de légitime défense, quand la vie est en jeu, les règles normales ne fonctionnent plus. On nous interdirait donc de nous défendre sous prétexte que ce serait nous jeter dans les bras des États-Unis ? Il faudrait donc se laisser assassiner, les uns après les autres, pour ne pas froisser les uns ou contrarier les ambitions présidentielles des autres ? Certes, Fouad Siniora doit agir en conscience et ne pas dépasser le mandat qui lui a été confié. Le Courant du futur doit s’empêcher de profiter de cette situation d’urgence pour placer systématiquement ses hommes aux postes-clés. Mais dans les limites de cette ouverture, tout est permis pour se défendre contre les prédateurs. Pour tous les responsables politiques, qu’ils soient au pouvoir ou dans l’opposition, la légitime défense, qu’elle prenne la forme d’un recours à l’ONU, d’un appel à l’Europe ou à toute autre instance démocratique, est aujourd’hui non seulement un droit, mais aussi un devoir grave dont ils devront répondre devant les hommes d’abord puis devant l’histoire. Fady NOUN
Le consensus en Conseil des ministres s’impose sur les questions vitales, a convenu le Premier ministre, Fouad Siniora, qui a ajouté cependant que ce principe doit être respecté, dans les circonstances actuelles, mais « dans certaines limites ».
Quelles sont ces limites ? Eh bien tout simplement celles de la légitime défense ; les limites de ce qu’il est nécessaire de faire pour que le Liban vive.
Quand Gebran Tuéni a été assassiné, un seuil de consience était franchi. Fouad Siniora s’écriait : « Ce ne sont pas des hommes que visent ces attentats, mais la patrie. »
Dix jours après, la vie politique s’enlise dans un débat fastidieux sur la majorité gouvernementale et parlementaire, par opposition à la majorité numérique, alors que le navire coule, alors qu’une population démoralisée se demande si ce...