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Actualités - Opinion

Sur les Campus La violence dans les universités… Et après ?

Et après ? C’est bien la question que l’on est tenté de se poser au vu de la vague de violence ambiante qui agite actuellement les campus, qu’elle soit physique ou psychologique. En dix jours, cette violence s’est manifestée dans non moins de trois universités (NDU, USJ, UL), opposant principalement, sinon exclusivement, étudiants du Courant patriotique libre (CPL) et des Forces libanaises (FL). Certes, du point de vue culturel et politique, au sens large et éthique du terme, on ne rappellera jamais suffisamment combien l’incivilité est une anticulture, et combien le recours à la violence est déplorable, dans la mesure où il tend à révéler un vide effroyable au niveau du contenu, une absence de substance politique qui finit par dégénérer. Dans ce sens, cette violence entre FL et aounistes, qui n’est pas née d’hier, montre que le 14 mars n’a pas vraiment marqué un tournant, un renouveau dans la vie politique. On a beau présenter l’exceptionnel phénomène du 14 mars comme une étape fondatrice d’une dynamique civique et démocratique. On a beau vouloir y croire, il reste que cette dynamique démocratique donne d’elle un spectacle assez honteux, et franchement paradoxal. D’abord, elle signifie que le travail de mémoire n’a pas encore été fait, quinze ans après les événements qui ont opposé l’armée et les FL. Ensuite, elle donne l’image de bases estudiantines particulièrement indisciplinées, alors même que le député Georges Adwan prend le chemin de Rabieh au moins une fois par mois, et que les relations au sommet entre Michel Aoun et Samir Geagea sont supposées être bonnes au stade actuel. Puissent-ils déteindre sur leurs bases respectives, par-delà les simples relations de courtoisie. Le problème est peut-être plus profond. La société libanaise est très politisée. Ce n’est pas un mal, au contraire. Mais la question est de savoir comment elle est politisée, si elle n’a pas attrapé la politisation par le mauvais bout. Et, dans ce sens, le climat politicien qui règne dans la sphère publique actuellement ne peut que déteindre immanquablement sur la scène estudiantine. Passée l’heure des grands slogans nationaux, notamment contre l’occupation syrienne, c’est un vide énorme qui risque de se manifester maintenant sur les campus du point de vue de l’initiative politique. Or la nature a horreur du vide : elle peut le combler soit par la violence et les querelles de clocher, soit par une redynamisation partisane et politique constructive, orientée vers la mise en place d’une culture de l’espace public, du débat public, de la citoyenneté. Si la première option, stérile et politicienne à outrance, devait, malgré tout, l’emporter sur les campus, le retour des partis dans la vie politique risquerait alors d’aboutir au résultat contraire à l’effet escompté : au lieu d’attirer les jeunes, elle les éloignera définitivement de la vie politique, sabordant toute reprise de la dynamique démocratique. L’ère de l’occupation syrienne et du renvoi aux calendes grecques de tout débat interne interétudiants est à jamais révolue : les étudiants sont désormais face à leurs devoirs, et s’ils veulent continuer à exister sur l’échiquier et être à l’avant-garde du système, ils n’ont pas droit à l’échec. Il faut désormais faire preuve d’ingéniosité. Et de responsabilité. M. H. G. Les étudiants qui souhaitent s’exprimer sur les problèmes estudiantins doivent adresser leurs commentaires par fax (01/360390) ou par mail: redaction@lorientlejour.com
Et après ? C’est bien la question que l’on est tenté de se poser au vu de la vague de violence ambiante qui agite actuellement les campus, qu’elle soit physique ou psychologique. En dix jours, cette violence s’est manifestée dans non moins de trois universités (NDU, USJ, UL), opposant principalement, sinon exclusivement, étudiants du Courant patriotique libre (CPL) et des Forces libanaises (FL).
Certes, du point de vue culturel et politique, au sens large et éthique du terme, on ne rappellera jamais suffisamment combien l’incivilité est une anticulture, et combien le recours à la violence est déplorable, dans la mesure où il tend à révéler un vide effroyable au niveau du contenu, une absence de substance politique qui finit par dégénérer. Dans ce sens, cette violence entre FL et aounistes, qui n’est pas née...