Échos de Syrie
L’industrie textile face au défi
de la libéralisation
le 11 novembre 2005 à 00h00
Par Jihad YAZIGI
La décision du ministère syrien de l’Économie d’autoriser l’importation des produits d’habillement met le secteur textile syrien face à de grands défis.
Cette décision, prise fin octobre, met fin à plusieurs décennies de protection de l’industrie locale du textile et ouvre la porte à un afflux de produits du Sud-Est asiatique.
Depuis des décennies, la politique industrielle syrienne consistait en effet à protéger l’industrie manufacturière locale en interdisant l’importation de tout produit qui pouvait être fabriqué sur place. Cette politique a permis dans la dernière décennie l’éclosion de nombreuses entreprises, y compris la production sous licence de nombreuses marques étrangères comme Benetton, Kickers, etc.
Avec la signature de nombreux accords de libre-échange ces dernières années et la mise en place de la Zone arabe de libre-échange (ZALE), cette politique a cependant perdu de sa pertinence et les barrières au commerce tombent les unes après les autres.
La décision de libéraliser l’importation des produits d’habillement a cependant été accueillie avec surprise et inquiétude par les milieux d’affaires syriens. Selon Mohammed Sabbagh-Sharabati, qui est à la tête du plus grand groupe textile du pays, les industriels avaient obtenu des garanties du ministère de l’Économie que toute ouverture des frontières ne concernerait que les pays avec lesquels la Syrie a des accords commerciaux. Or en vertu de la décision du ministère, les importations en provenance de tous les pays du monde seront autorisées, y compris en provenance de Chine et du reste du Sud-Est asiatique. M. Sabbagh-Sharabati a parlé de conséquences potentiellement « catastrophiques » sur le secteur.
Le tarif douanier de 47,5 % auquel ces importations sont certes soumises sera bien insuffisant pour compenser le très large différentiel de prix avec ces pays.
Au-delà des effets que cette libéralisation peut avoir sur les industriels du secteur, ce sont des centaines de milliers d’emplois qui sont en jeu. La filière textile emploie en effet près de 15 % de la population active syrienne ; dans certaines banlieues de Damas et Alep, où opèrent des milliers de petits ateliers de confection, ce taux monte parfois à près de 50 %.
En coopération avec :The Syria report
editor@syria-report.com
La décision du ministère syrien de l’Économie d’autoriser l’importation des produits d’habillement met le secteur textile syrien face à de grands défis.
Cette décision, prise fin octobre, met fin à plusieurs décennies de protection de l’industrie locale du textile et ouvre la porte à un afflux de produits du Sud-Est asiatique.
Depuis des décennies, la politique industrielle syrienne consistait en effet à protéger l’industrie manufacturière locale en interdisant l’importation de tout produit qui pouvait être fabriqué sur place. Cette politique a permis dans la dernière décennie l’éclosion de nombreuses entreprises, y compris la production sous licence de nombreuses marques étrangères comme Benetton, Kickers, etc.
Avec la signature de nombreux accords de libre-échange ces...
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