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Musique et bonbons… l’armée US fait de l’action psychologique

Le haut-parleur, fixé sur le capot d’un Humvee américain, diffuse les derniers tubes du hit-parade égyptien ou jordanien, mais après chaque chanson, un court message en arabe met en garde la population contre les rebelles et leurs alliés d’el-Qaëda. Dans le village poussiéreux de Khamai al-Thania avec sa trentaine de pauvres maisons en briques ou en ciment, perdues dans l’immensité d’une plaine aride, une unité de la 101e division aéroportée fait de « l’action psychologique ». Les soldats distribuent bonbons et illustrés. À l’empressement des enfants, ils pourront juger si le village leur est favorable. Un soldat s’approche de l’officier commandant l’escouade de cinq voitures pour lui murmurer à l’oreille qu’un jeune garçon vient de refuser une carte postale aux couleurs irakiennes portant la mention « J’aime l’Irak ». « Il l’a déchirée et me l’a jetée à la figure », dit-il. « Pourquoi les enfants font-ils cela ? » demande plus tard le capitaine Alex Ramirez au chef de village. « Ce sont des enfants », répond cheikh Syhoud Fanous, un sunnite dont le père et grand-père ont été moukhtars (chef) de ce village situé à une centaine de kilomètres au nord-est de Bagdad. Les enfants semblent peu hésitants à venir prendre des bonbons et des illustrés montrant des policiers irakiens s’attaquant, tel Superman, aux rebelles. Mais leurs aînés semblent moins à l’aise et moins disposés à rester trop longtemps aux côtés des soldats qui déambulent, fusil-mitrailleur au poing, engoncés dans leurs casques et gilets pare-balles. « Parfois on se rend compte qu’il y a quelque chose de louche. On sent ça quand les gens se sentent un peu coupables », note le lieutenant Kent Crandall, responsable de l’action psychologique. « Nous sommes ici pour promouvoir de bonnes relations », lance le capitaine Ramirez dont les propos sont traduits par un interprète. Et le moukhtar répond : « Si nous avons des informations concernant les rebelles, on vous le dira. » Plusieurs villages sunnites de la zone sont soupçonnés d’aider les rebelles. Tandis que ses soldats étudient le village, le capitaine prend le thé avec le moukhtar. Non loin de là, des poules courent autour d’une école primaire nouvellement bâtie grâce à l’argent américain. Le moukhtar se plaint que des habitants, anciens officiers ou sous-officiers sous Saddam Hussein, ne peuvent s’engager dans la nouvelle armée parce que les autorités, à majorité chiites, « n’aiment pas les sunnites ». La nouvelle armée manque d’officiers expérimentés, et le ministère de la Défense vient d’appeler les anciens sous-officiers et officiers, ayant au maximum le grade de commandant, à reprendre du service. « Il y a six mois, un autre commandant américain avait pris les noms de ceux qui voulaient s’engager, mais il n’y a pas eu de suite », raconte le moukhtar. « Les Américains ne sont plus responsables du recrutement », répond le capitaine Ramirez. Les habitants, comme nombre de sunnites à l’échelle nationale, ont boycotté les élections de janvier, mais ont voté le mois dernier au référendum sur la Constitution et voteront aux élections en décembre « pour qu’on entende notre voix au gouvernement », souligne le moukhtar. Les problèmes entre sunnites et chiites sont dus à la multiplication des partis qui poussent aux différends intercommunautaires, estime-t-il. Quant aux Américains , « certains les considèrent comme des envahisseurs, d’autres comme des libérateurs », ajoute, prudent, le chef de village. « Mais s’ils n’étaient pas là aujourd’hui, les Iraniens nous envahiraient demain », ajoute le cheikh, dont le village de 500 habitants se trouve à 30 km de la frontière et qui a perdu 20 des siens pendant la guerre Irak-Iran. La patrouille repart après avoir vérifié l’identité d’un homme. « Il n’est pas d’ici et il nous regardait d’un air bizarre (...) il avait aussi fait signe à quelqu’un sur un toit », explique le lieutenant Andrian Cole. Un kilomètre plus loin, la patrouille arrête un motocycliste qui s’entretenait avec trois hommes à bord d’une voiture. « Il y a quelques jours, on a trouvé des traces de pneus de moto à côté de l’emplacement d’une bombe qui a explosé près de notre base », note l’officier. Les soldats consultent une liste de personnes recherchées. L’homme à la moto donne un nom semblable à un autre figurant sur la liste. Les quatre hommes sont arrêtés. Francis CURTA (AFP)
Le haut-parleur, fixé sur le capot d’un Humvee américain, diffuse les derniers tubes du hit-parade égyptien ou jordanien, mais après chaque chanson, un court message en arabe met en garde la population contre les rebelles et leurs alliés d’el-Qaëda.
Dans le village poussiéreux de Khamai al-Thania avec sa trentaine de pauvres maisons en briques ou en ciment, perdues dans l’immensité d’une plaine aride, une unité de la 101e division aéroportée fait de « l’action psychologique ». Les soldats distribuent bonbons et illustrés. À l’empressement des enfants, ils pourront juger si le village leur est favorable.
Un soldat s’approche de l’officier commandant l’escouade de cinq voitures pour lui murmurer à l’oreille qu’un jeune garçon vient de refuser une carte postale aux couleurs irakiennes portant la...