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Une heure de vérité ?

La balle est donc désormais dans le camp chrétien. Apparemment, aussi bien Walid Joumblatt que Saad Hariri ont tiré la leçon des dernières tentatives ratées de pousser le président de la République à démissionner. Il n’y a pas si longtemps encore, les deux chefs de bloc parlementaire ainsi que leurs députés avaient réclamé à cor et à cri le départ d’Émile Lahoud, provoquant une réaction de rejet chez une partie des forces chrétiennes, irritées de voir que l’on cherchait à imposer aux chrétiens une ligne de conduite déterminée. Et pour ne pas braquer une nouvelle fois les chrétiens, cheikh Saad et Walid bey sont restés, contre toute attente, très modérés sur le thème de la présidence de la République après la publication du rapport Mehlis. En coordination ou non avec les autres personnalités chrétiennes, les chefs des deux blocs ont visiblement préféré laisser les maronites régler eux-mêmes cette question et faire en sorte que la demande de démission du chef de l’État vienne des membres de sa propre communauté. Mais le problème n’est pas pour autant réglé. Comme à chaque fois qu’une telle démission est dans l’air – même si le président de la République a répété hier encore qu’il n’a pas l’intention de renoncer aux responsabilités que lui confère la Constitution –, c’est à un véritable branle-bas qu’on assiste au sein de la communauté maronite. Les présidentiables, qui, comme d’habitude, sont légion, s’activent auprès des forces qui comptent au Liban et à l’étranger pour tenter de voir qui a le plus de chances d’être élu. Mais cette fois, le contexte est quelque peu différent de celui des échéances précédentes. D’abord, et pour changer, il se pourrait que les facteurs internes soient déterminants dans le choix du futur président, qu’il soit élu dans un avenir proche ou non. Ensuite, la présidentielle devra tenir compte de la présence au Liban des deux leaders maronites, le général Michel Aoun et le commandant en chef des FL, Samir Geagea, ce dernier étant rentré hier soir à Beyrouth, dans un timing forcément lié aux tractations présidentielles en cours. Ce soir, ce sera au tour du patriarche maronite, Nasrallah Sfeir, qui reste la plus haute autorité morale chez les chrétiens, de rentrer à Beyrouth. Les discussions sérieuses pourront donc commencer. Et ce sera une chance pour la communauté de montrer qu’elle est en mesure de dépasser les considérations personnelles pour s’entendre sur un candidat. Toutefois, les écueils sont nombreux : d’abord, le patriarche maronite, selon toute vraisemblance, ne souhaiterait pas accueillir une réunion élargie des personnalités maronites à Bkerké, pour ne pas être directement mêlé au choix des noms. Il faut dire que les expériences précédentes à ce sujet n’ont pas été concluantes, et le patriarche souhaiterait peut-être rester au-dessus des tractations, même si ses directives restent déterminantes. De plus, le général Aoun a ouvertement déclaré qu’il avait une approche particulière de la présidentielle, rejetant toute mobilisation de la rue pour pousser le chef de l’État à démissionner, et, avec ce qu’il représente sur les plans politique et populaire, il faudra tenir compte de sa position. Enfin, il faudra aussi tenir compte des autres composantes de la société libanaise, notamment la communauté chiite, qui ne semble pas favorable à un changement présidentiel pour l’instant. Pour toutes ces raisons, ce dossier pourrait ne pas être réglé dans l’immédiat. Il permettra en tout cas de mesurer la capacité des figures chrétiennes à gérer une question aussi délicate et qui les concerne directement. C’est aussi, d’une certaine manière, une heure de vérité. Scarlett HADDAD
La balle est donc désormais dans le camp chrétien.
Apparemment, aussi bien Walid Joumblatt que Saad Hariri ont tiré la leçon des dernières tentatives ratées de pousser le président de la République à démissionner. Il n’y a pas si longtemps encore, les deux chefs de bloc parlementaire ainsi que leurs députés avaient réclamé à cor et à cri le départ d’Émile Lahoud, provoquant une réaction de rejet chez une partie des forces chrétiennes, irritées de voir que l’on cherchait à imposer aux chrétiens une ligne de conduite déterminée.
Et pour ne pas braquer une nouvelle fois les chrétiens, cheikh Saad et Walid bey sont restés, contre toute attente, très modérés sur le thème de la présidence de la République après la publication du rapport Mehlis.
En coordination ou non avec les autres personnalités...