Les moins portés à se déclarer, donc à commenter le rapport Mehlis, sont les présidentiables. Ils ne veulent pas se brûler, tout en brûlant de savoir. Savoir si la bombe du juge allemand va faire sauter le régime. Ils n’ont pas besoin de se presser car ils savent, comme sa réaction et ses affirmations antérieures le montrent, que le président Émile Lahoud ne compte pas démissionner de lui-même. Il faudra donc attendre les résultats de la campagne de déboulonnement que ses contempteurs ne manqueront pas de déclencher à nouveau, en soulignant que sa responsabilité morale, constitutionnelle et politique est clairement engagée du fait des inculpations lancées contre son propre personnel.
Mais les proches de Baabda refusent cette logique de sanction collective. Ils soutiennent que le président n’a absolument rien à avoir avec le crime et que seuls les accusés déférés en justice doivent en répondre. Ils ajoutent que le président, comme toute autre personne, n’est pas responsable des actes d’autrui, aussi proche qu’il soit. Pour ces tenants du régime, la question est d’ailleurs moins d’ordre moral que statistique. Dans ce sens qu’à les en croire, on ne doit pas oublier que d’importantes forces populaires, dont le Hezbollah, militent ouvertement pour que le chef de l’État poursuive son mandat prorogé jusqu’au bout.
Une assertion qui n’est pas tout à fait précise. Le Hezb fait en effet savoir qu’effectivement il reste favorable au maintien de M. Lahoud. Mais en même temps, il précise, et la nuance est capitale, qu’au cas où l’on devrait élire un nouveau président d’une manière anticipée, et prochaine, il tient à avoir son mot à dire pour obtenir des garanties quant à la poursuite de la politique de soutien suivie à son égard par le présent régime. Surtout face à la 1559, le Hezb n’ayant pas du tout l’intention de désarmer.
Il va de soi que plusieurs autres parties posent également des conditions. Certaines, qui tiennent le devant de la scène, adoptent d’ailleurs des positions qui arrangent bien le locataire actuel de Baabda. On a pu ainsi entendre le général Aoun soutenir que rien ne doit se faire sous la contrainte. Il faut dire que le général est lui-même candidat et que, comme beaucoup d’autres postulants, il semble avoir besoin de temps pour parvenir à un indispensable accord aussi bien avec la majorité parlementaire, ou du moins avec les haririens et les FL, qu’avec le tandem Amal-Hezbollah.
En tout cas, en filigrane des effets généraux du rapport Mehlis, la bataille de la présidentielle se profile de nouveau à l’horizon.
Émile KHOURY
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les moins portés à se déclarer, donc à commenter le rapport Mehlis, sont les présidentiables. Ils ne veulent pas se brûler, tout en brûlant de savoir. Savoir si la bombe du juge allemand va faire sauter le régime. Ils n’ont pas besoin de se presser car ils savent, comme sa réaction et ses affirmations antérieures le montrent, que le président Émile Lahoud ne compte pas démissionner de lui-même. Il faudra donc attendre les résultats de la campagne de déboulonnement que ses contempteurs ne manqueront pas de déclencher à nouveau, en soulignant que sa responsabilité morale, constitutionnelle et politique est clairement engagée du fait des inculpations lancées contre son propre personnel.
Mais les proches de Baabda refusent cette logique de sanction collective. Ils soutiennent que le président n’a absolument rien à...