« Les représentants de la communauté chiite sont dans une position spécifique » par rapport au 14 mars, explique Joseph Maïla. « C’est la dernière communauté qui a encore des prétentions de pouvoir régir la totalité. C’est une partie qui se prend pour le tout », analyse-t-il.
« Cette tentation holiste a été le fait de toutes les communautés par le passé. Les druzes pensaient que la Montagne, c’était eux. Les maronites pensaient que l’État, c’était eux. Les sunnites pensaient que l’arabité, c’était eux. Maintenant, les chiites pensent d’une certaine manière que le Liban, c’est eux, parce qu’ils ont la supériorité numérique et la milice », dit-il. « On retourne à cette perception de la sécurité autonome du “amn el-zati”, qu’on a connue avec l’OLP, puis avec les autres milices, dont les FL en 1978. Or aucun “amn zati” n’était véritablement ce qu’il prétendait être. Ce sont des logiques d’extension par contiguïté : je protège le Sud, donc je garde mes armes à Beyrouth. Pourquoi ? Parce que les Israéliens savent que j’habite Beyrouth, et comme je défends le Sud, ils vont venir me tuer à Beyrouth. On est dans l’extension de la sécuritarisation élevée au rang d’une idéologie nationale, souligne-t-il. Les chiites sont dans l’attente d’une République impossible, et ils veulent jouer dans la cour des grands. Ils cherchent à se distinguer. Ainsi, le 8 mars est un phénomène de distinction qui cherche à dire : nous avons libéré le Sud, nous sommes donc les plus forts », ajoute M. Maïla. « Le Hezbollah était, à travers la libération du Sud, dans une optique territoriale de libération, mais nationale de reconfiguration. En d’autres termes, la libération du territoire a été investie dans une logique d’hégémonie, d’imperium national. On est soit dans la logique du mariage nouveau (où chacun cherche à marquer ce qu’il a ramené pour la fondation du foyer), soit dans la logique du divorce (même phénomène mais inversé : chacun cherche à reprendre ce qu’il a ramené) », indique-t-il.
« Les représentants de la communauté chiite sont dans une position spécifique » par rapport au 14 mars, explique Joseph Maïla. « C’est la dernière communauté qui a encore des prétentions de pouvoir régir la totalité. C’est une partie qui se prend pour le tout », analyse-t-il.
« Cette tentation holiste a été le fait de toutes les communautés par le passé. Les druzes pensaient que la Montagne, c’était eux. Les maronites pensaient que l’État, c’était eux. Les sunnites pensaient que l’arabité, c’était eux. Maintenant, les chiites pensent d’une certaine manière que le Liban, c’est eux, parce qu’ils ont la supériorité numérique et la milice », dit-il. « On retourne à cette perception de la sécurité autonome du “amn el-zati”, qu’on a connue avec l’OLP, puis avec les autres milices,...
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