L’euro a continué de faiblir hier sur les marchés des changes internationaux, au bénéfice du dollar, soutenu par la perspective d’un relèvement des taux d’intérêt américains cette année. Ce développement est intervenu après la publication de deux indicateurs économiques soutenant la thèse selon laquelle la Réserve fédérale américaine (Fed) relèverait ses taux d’intérêt au cours des trois prochains mois, pour les porter à 4,50 % à fin janvier 2006, contre 3,75 % actuellement. Tout d’abord, les prix à la production ont bondi de 1,9 % en septembre aux États-Unis, la plus forte progression en 31 ans, tandis que l’indice de base (hors alimentation et énergie) a augmenté de 0,3 %. Ces chiffres, supérieurs aux attentes des analystes qui tablaient sur une progression de 1,2 % dans l’ensemble et 0,2 % pour l’indice de base, ont suggéré que les pressions sur les prix pourraient s’intensifier dans les mois à venir, confortant le marché dans ses prévisions de hausses des taux de la Fed. En outre, la balance américaine des capitaux a été excédentaire de 91,3 milliards $ en août, contre 60 milliards $ attendus, après 87,5 milliards $ en juillet, suggérant que les États-Unis continuent d’attirer suffisamment d’investisseurs étrangers pour financer leurs déficits commerciaux et budgétaires. La progression du billet vert face à l’euro, qui a suivi la publication de ces chiffres, s’est toutefois un peu essoufflée en fin de journée. À cela aurait contribué la publication d’une lettre adressée au Parlement européen par le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, dans laquelle il fait état que son organisme est prêt à agir « de manière résolue » si la montée des prix du pétrole conduisait à un emballement généralisé des prix. Et d’ajouter que la BCE se basait sur les attentes d’inflation pour fixer sa politique monétaire. Cela d’autant qu’on venait d’apprendre que les prix à la consommation dans la zone euro ont augmenté de 2,6 % en septembre, sur un an, après 2,2 % en août, soit à un rythme dépassant beaucoup l’objectif fixé par la BCE d’une inflation proche, mais en dessous de 2 %. Compte tenu de toutes ces considérations, l’euro, qui avait fléchi jusqu’à 1,1915 $, est parvenu à achever la journée à New York à 1,1960 $, sur des ajustements de positions de change, contre 1,2020 $ la veille, réduisant ses pertes de 0,87 % à 0,50 %.
Les Bourses s’inquiètent de l’inflation
La Bourse américaine était en baisse hier, plombée par le plus fort bond mensuel en 31 ans des prix à la production, et ce malgré la détente du pétrole après un changement de trajectoire du cyclone Wilma. Le déclin de Wall Street a été néanmoins limité par plusieurs annonces de résultats trimestriels de sociétés jugées positives par les investisseurs, dont ceux de United Technologies, Johnson & Johnson, 3 M, Merrill Lynch et IBM.
Les Bourses européennes ont également terminé en baisse, déprimées par le spectre de l’inflation aux États-Unis et en zone euro. En outre, la baisse des prix du brut a pesé sur les sociétés productrices (Total, BP, Royal Dutch Shell) sans pour autant profiter aux sociétés consommatrices d’énergie.
À la Bourse de Beyrouth, les actions A et B de Solidere ont continué de battre en retraite, retombant de 12,87 $ à 12,80 $ et de 12,92 $ à 12,78 $ respectivement.
Élie KAHWAGI
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