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Actualités - Chronologie

La communauté kurde unie derrière la Constitution

Aucun doute n’était permis, jusqu’à samedi, dans le Kurdistan d’Irak sur l’utilité de voter « oui » lors du référendum de samedi, tant la Constitution est perçue comme un moyen de renforcer l’autonomie de fait de cette région du nord du pays. La mobilisation pour un vote en faveur du texte dans les provinces d’Erbil, de Dohouk et de Souleimaniyah n’a d’ailleurs pas eu d’égale dans le pays. D’une seule voix, partis politiques, responsables et médias n’ont cessé de chanter les louanges du texte. « L’État irakien en général et le peuple kurde en particulier vont franchir ce jour-là (le 15 octobre) un pas de géant et entrer dans une ère plus avancée dans leur histoire sociale, politique et économique », clamait ainsi le gouverneur d’Erbil, Nouzad Hadi, un responsable du Parti démocratique du Kurdistan (PDK) de Massoud Barzani, président de la région kurde. Un autre responsable du PDK soulignait l’importance pour les Kurdes de « participer en masse au référendum et de dire oui à la Constitution ». Mahmoud Mahmoud a été chargé de sensibiliser la population à la nécessité de se rendre aux urnes et ses services ont inondé le Kurdistan de slogans et de campagne d’explication du texte. Les banderoles tendues dans les villes kurdes soulignaient qu’« un vote par oui revient à soutenir l’autonomie » ou qu’il « garantit le maintien des peshmergas », les forces de sécurité locales. Pendant la longue et laborieuse naissance du projet, les négociateurs kurdes ont défendu avec acharnement et obtenu gain de cause sur le fédéralisme même s’ils n’ont pas réussi à faire inscrire dans le texte le droit à l’autodétermination. Les responsables kurdes ont également dû taire momentanément leur revendication de la ville pétrolière de Kirkouk, arabisée sous le régime de Saddam Hussein. Mais pour eux, le projet de Constitution fait avancer cette revendication en prévoyant de « normaliser la situation » dans cette ville après les prochaines élections générales du 15 décembre. Malgré ces deux points, les représentants des Kurdes au sein du Parlement régional ont multiplié les appels à voter « oui ». Un message entendu par une enseignante, Chilane Moulod, âgée de 35 ans, qui déclarait la semaine dernière : « Je vais voter oui parce que j’ai le sentiment d’avoir une responsabilité historique. Je veux ajouter ma voix, celle d’une femme, aux voix kurdes qui, réunies, aideront la cause de notre peuple. » Durant toute la campagne, l’opinion publique kurde a été travaillée à fond par les médias, notamment les télévisions locales, qui ont multiplié les tables rondes sur le projet de Constitution, avec un effort didactique appuyé. Des débats ont été organisés sur les télévisions locales sur des thèmes comme : « Pourquoi doit-on voter par oui ? » ou « Avec la Constitution ». Une autre émission a pris pour titre « L’école de la Constitution » et fait appel à des spécialistes pour répondre aux interrogations des téléspectateurs. Abdel Hamid ZEBARI/AFP
Aucun doute n’était permis, jusqu’à samedi, dans le Kurdistan d’Irak sur l’utilité de voter « oui » lors du référendum de samedi, tant la Constitution est perçue comme un moyen de renforcer l’autonomie de fait de cette région du nord du pays.
La mobilisation pour un vote en faveur du texte dans les provinces d’Erbil, de Dohouk et de Souleimaniyah n’a d’ailleurs pas eu d’égale dans le pays. D’une seule voix, partis politiques, responsables et médias n’ont cessé de chanter les louanges du texte.
« L’État irakien en général et le peuple kurde en particulier vont franchir ce jour-là (le 15 octobre) un pas de géant et entrer dans une ère plus avancée dans leur histoire sociale, politique et économique », clamait ainsi le gouverneur d’Erbil, Nouzad Hadi, un responsable du Parti démocratique du...