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Actualités - Opinion

La pression US sur la Syrie se ferait moins forte

D’après un ancien ministre libanais des Affaires étrangères, la pression US sur la Syrie serait moins forte ces derniers jours. Dans ce sens que la campagne américaine antisyrienne donnerait des signes d’atténuation. Une impression motivée en partie par l’information de Newsweek révélant que, le 1er octobre, Condoleezza Rice a empêché des frappes aériennes contre de présumés camps, en Syrie, de rebelles agissant en Irak. Selon l’ancien ministre, c’est pratiquement la première fois que les Américains ne haussent plus le ton, depuis la colère qu’ils ont piquée lors de la prorogation télécommandée du président Émile Lahoud. Et depuis la 1559, dont ils étaient les coauteurs et qui édicte, outre le retrait syrien du Liban maintenant accompli, le désarmement du Hezbollah comme des réfugiés palestiniens. En fait, comme Condoleezza Rice l’a clairement fait entendre, toujours selon Newsweek, l’Administration Bush pense qu’isoler politiquement la Syrie serait beaucoup plus efficace qu’une action militaire pouvant, par la force d’entraînement des choses, aller très loin et aboutir à une malencontreuse réédition de la coûteuse expérience irakienne. Rice a réussi à dissuader les partisans d’une frappe, ajoute l’hebdomadaire américain, en évoquant la possibilité d’exploitation d’un rapport Mehlis qui mettrait la Syrie en cause. De son côté, David Welsh, son bras droit, s’est pointé au Caire pour parler aux Égyptiens, qui ont vu dernièrement Assad et qui coordonnent l’apaisement avec l’Arabie saoudite. Après son entrevue avec Moubarak, Welsh a réitéré l’inquiétude de Washington vis-à-vis du comportement syrien, en Irak, au Liban et dans les territoires palestiniens. Mais sa démarche auprès du conciliateur qu’est le président égyptien montre par elle-même que le département d’État mise encore sur la voie diplomatique. Et sur le rapport Mehlis : Welsh a en effet indiqué qu’il s’attend à ce que les conclusions du magistrat allemand « constituent une nouvelle occasion pour la communauté internationale d’adresser le plus sévère des signaux aux Syriens, au sujet de leur mauvaise attitude. » Notamment au Liban comme sur le volet palestino-israélien, a-t-il précisé. Réticences inattendues Un autre indice, selon l’ancien ministre cité, de la décélération américaine est que Washington n’a pas cherché à contrer la prorogation jusqu’au 15 décembre de la mission Mehlis qui devait s’achever le 25 du mois en cours. Mais alors, le rapport qu’il doit remettre dans une dizaine de jours ? Il devrait logiquement s’agir, estime l’observateur, d’un compte-rendu qui ne tiendrait pas lieu de point final à l’enquête, ni d’acte d’accusation définitif. À cette nuance près que, selon plusieurs sources concordantes, Mehlis devrait recommander le maintien en état d’arrestation des quatre généraux détenus à Roumieh. Toujours selon l’ancien ministre des Affaires étrangères, la relative temporisation américaine s’expliquerait également par les réticences d’Israël dont les dirigeants ont conseillé aux Américains de ne pas s’engager dans une action de violence, ou dans des pressions trop fortes, qui pourraient mener à la chute du régime Assad, lequel continue à maintenir le calme à sa frontière avec l’État hébreu. Car il y aurait un risque de voir s’installer au pouvoir à Damas une junte militaire radicalisée ou, encore pire, des extrémistes fondamentalistes échappant à tout contrôle et commanditant, un peu partout, des opérations subversives, des attentats-suicide avec, en outre, le risque de voir la Syrie plonger dans une anarchie pareille à celle qui règne en Irak. En d’autres termes, et pour des raisons intérieures surtout, Israël n’a pas dans l’esprit, pour le moment, de se lancer dans une guerre contre la Syrie. Et, probablement, contre l’Iran. Cependant les alliés libanais ou palestiniens de la Syrie se sont hâtés d’occuper l’espace laissé libre par les Américains, en mettant le répit relatif à profit pour lancer une contre-offensive multiforme contre les indépendantistes de la majorité parlementaire. Comble d’ironie, les fidèles de Damas reprochent à ces indépendantistes de se contredire pour le fond, en obéissant, d’après eux, au « remote control » américain. Selon des sources informées et fiables, nombre de ces bons amis de la Syrie se sont rendus dernièrement auprès du président Assad, pour en recueillir les conseils, mais sans le crier sur les toits. Parce qu’ils savent que la Syrie ne tient pas à ce qu’on l’accuse, preuves à l’appui, de manipuler des parties libanaises ou palestiniennes. Alternance Quoi qu’il en soit, c’est avec un art consommé que les Syriens utilisent les frontières. Ils les ont d’abord bouclées au trafic des camions libanais. Puis ils ont aidé, tout au contraire, à trop les ouvrir devant le trafic d’armes destinées à « leurs » Palestiniens, aux infiltrés de toutes nationalités et aux contrebandiers de tout acabit. Tout ce petit monde opérant à travers non moins de 72 gués recensés. L’armée en a barré certains, tirant à l’occasion sur des passeurs. Mais la passoire n’est pas bouchable, si l’on peut dire, parce qu’elle se situe dans un jurd. Et parce qu’en plus, au Nord comme dans la Békaa, les Syriens ont grappillé au fils des années quelques centaines d’encablures en territoire libanais. Pour beaucoup de professionnels, le but de la Syrie, en activant le problème de l’armement palestinien, serait de disposer d’une nouvelle carte de négociations. Elle « donnerait », comme on dit, le désarmement des Palestiniens, dans le cadre de la 1559, moyennant une récupération de son rôle régional, malgré la perte du Liban. Autrement dit, elle obtiendrait une levée des pressions internationales qu’elle subit. Selon les observateurs, ces intentions se trouvent confirmées, indirectement, par le fait que les organisations palestiniennes d’obédience syrienne n’ont pas rejoint la délégation officielle qui a traité avec Siniora mais ont tenu à le rencontrer à part pour lui signifier des conditions beaucoup plus hermétiques que celles de l’OLP, en regimbant notamment contre l’exigence souverainiste libanaise de fermer les bases installées hors des camps. Philippe ABI-AKL
D’après un ancien ministre libanais des Affaires étrangères, la pression US sur la Syrie serait moins forte ces derniers jours. Dans ce sens que la campagne américaine antisyrienne donnerait des signes d’atténuation. Une impression motivée en partie par l’information de Newsweek révélant que, le 1er octobre, Condoleezza Rice a empêché des frappes aériennes contre de présumés camps, en Syrie, de rebelles agissant en Irak.
Selon l’ancien ministre, c’est pratiquement la première fois que les Américains ne haussent plus le ton, depuis la colère qu’ils ont piquée lors de la prorogation télécommandée du président Émile Lahoud. Et depuis la 1559, dont ils étaient les coauteurs et qui édicte, outre le retrait syrien du Liban maintenant accompli, le désarmement du Hezbollah comme des réfugiés...