L’euro était en nette baisse face au dollar hier sur les marchés des changes internationaux, ayant échoué à se maintenir au-dessus du seuil de 1,20 $ en l’absence de facteurs de soutien. Il est tombé ainsi à son plus bas niveau face au billet vert depuis le 5 juillet dernier (à 1,1904 $) alors que le dollar était soutenu par la publication d’un indice d’activité du secteur industriel aux États-Unis (ISM) en septembre, dépassant nettement les attentes des analystes. Cet indice, calculé par le groupement national des directeurs d’achats des entreprises industrielles américaines, a progressé à 59,4 points en septembre contre 53,6 points en août, alors que les analystes tablaient sur un indice à 52 points. Il en est de même de la composante mesurant les prix qui a bondi à 78 points contre 62,5 points pendant la même période. Donc le tableau que peint cet indice, celui d’une activité et d’une inflation galopante, est de nature à accentuer le sentiment haussier vis-à-vis du dollar sur des marchés des changes concentrés en ce moment sur les taux d’intérêt américains qui sont attendus à la hausse à plus de 4,25 % d’ici à la fin de l’année et jusqu’à 4,75 % au 1er trimestre 2006. Cette perspective, qui contraste avec la stagnation à 2 % des taux d’intérêt en zone euro, n’a pas tardé à rendre plus attirants les placements aux États-Unis et accroître ainsi la demande d’investisseurs pour le dollar. Cela étant, la hausse de l’indice des directeurs d’achats du secteur manufacturier en zone euro (PMI) de 50,4 points en août à 51,7 points en septembre a été accueillie dans l’indifférence par le marché. Cela d’autant que le président de Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, a estimé hier que la croissance de l’économie de la zone euro n’est pas satisfaisante car elle n’a pas réussi à atteindre son plein potentiel cette année. Compte tenu donc du différentiel des taux d’intérêt et de croissance entre les États-Unis et la zone euro, la monnaie unique devait continuer à subir des pressions, la ramenant à New York hier jusqu’à 1,1904 $ avant de terminer finalement autour de 1,1915 $ contre 1,2025 $ vendredi dernier, en nouvelle baisse de 0,91 %.
Baisse de Wall Street et hausse des Bourses européennes
La Bourse américaine était contrastée en ce début de semaine, la publication d’indicateurs économiques soutenus aux États-Unis ayant paradoxalement réveillé les inquiétudes des investisseurs sur de nouvelles hausses des taux d’intérêt de la Fed. Ce phénomène est venu donc reléguer au second plan la baisse des prix pétroliers et inciter les opérateurs à engranger les gains que leur procure la récente hausse de la cote. L’annonce par General Motors et Ford que leurs ventes ont baissé de 24 % et de 19 % respectivement en septembre par rapport au même mois de 2004, après de bonnes performances en août et juillet, liées aux programmes de promotions, a également déçu les investisseurs.
Les Bourses européennes ont, au contraire, fini à de nouveaux sommets depuis avril 2002. Elles ont été encouragées par la baisse du brut et par de bons indicateurs d’activité industrielle aux États-Unis et en zone euro. Les automobiles étaient de nouveau en vue avec l’annonce d’une hausse de 7,5 % des ventes de voitures neuves en France le mois dernier. Il en est de même du secteur technologique dont les sociétés comme Infineon, Capgemini et STMicroelectronics ont été activement recherchées.
À la Bourse de Beyrouth, Solidere a été diversement traitée à la baisse de 13,45 $ à 13,40 $ pour les actions A et à la hausse de 13,30 $ à 13,35 $ pour les actions B.
Élie KAHWAGI
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